Comment s'y prendre pour faire son chemin au sein de l'alma mater, pour surmonter les obstacles et atteindre un poste de professeur? Quelles sont les règles du jeu écrites, celles qui sont plus tacites, celles qui ne sont pas dites? Pour aider les étudiantes tentées par une carrière académique, le Bureau de l'égalité de l'Université de Lausanne vient de publier un guide intitulé Objectif: Professeure. Il offre une panoplie de conseils et d'informations pratiques pour pouvoir agir et ne pas laisser passer sa chance surtout en début de carrière. «Les jeunes femmes, les doctorantes, par exemple, n'ont souvent pas de plan de carrière, explique Guite Theurillat, la déléguée à l'égalité. Or si l'on veut construire une carrière académique, il faut y penser très tôt, dès les dernières années d'études, il faut oser se profiler, oser dire que l'on aimerait faire son parcours professionnel à l'université.» L'ouvrage est parsemé de nombreux témoignages de professeures, «pour permettre aux étudiantes de s'identifier, de voir aussi que l'on peut réussir tout en ayant des enfants et une famille, mais qu'il est nécessaire d'être soutenue par son conjoint», ajoute Guite Theurillat. «Il faut bien choisir son compagnon de vie si l'on veut pouvoir envisager une carrière académique, témoigne ainsi Nicole Galland, professeure associée à la faculté de biologie et de médecine. Et le modèle de couple que l'on met en place avec son conjoint est primordial.»

Le guide présente d'abord les règles du jeu: comment se construit une carrière académique avec en point de départ la quête d'un poste d'assistante et la thèse, assortie si possible d'un séjour à l'étranger. En début de carrière, il faut aller vite, souligne l'ouvrage, quitte à oublier un peu «le perfectionnisme féminin».

L'un des premiers chapitres clarifie la procédure de nomination, explique ce que doit contenir un dossier de candidature, met en lumière les critères de sélection. Les publications, martèle le guide, sont très importantes: pour être reconnu, il faut publier, publier et publier encore. Il faut aussi exister sur la scène internationale, rayonner professionnellement, avoir de solides relations académiques et professionnelles. «Il est important de bien faire son travail, mais il ne faut pas oublier de se positionner et de montrer qu'on en veut», témoigne Angelika Bischof Delaloye, professeure ordinaire et cheffe du Service de médecine nucléaire du CHUV.

L'ouvrage met également en avant des «pistes de réflexion» sur des points importants. La question de l'âge, par exemple, particulièrement épineuse pour les femmes qui veulent créer une famille: «La période entre 25 et 35 ans est cruciale pour les jeunes chercheurs, hommes ou femmes, souligne le guide. […] La carrière des scientifiques qui n'ont que peu de réalisations à leur crédit à l'âge de 35 ans est compromise; les chances d'être nommé(e) professeur(e) s'amenuisent en effet drastiquement après 40 ans.»

Autre volet: les réseaux. Sans eux, pas de carrière, assène le guide. «Le réseau est fondamental et il ne faut jamais penser qu'il suffit d'être bonne dans ce qu'on fait. On ne fait pas carrière toute seule», estime ainsi Françoise Messant-Laurent, sociologue, l'une des professeures dont le parcours professionnel est brossé. Enfin, l'ouvrage souligne encore l'importance du plan de carrière ou du mentoring.