La gouvernance d’entreprise est-elle l’apanage des Novartis, Nestlé et autres grands groupes cotés? Non. C’est en substance le message que la Fédération des entreprises romandes Genève (FER) et le centre patronal vaudois ont voulu faire passer en éditant une brochure sur cette question, destinée aux PME romandes. L’ouvrage, également issu d’un partenariat avec les hautes écoles des deux cantons, a été présenté mardi à la presse.

«L’objectif est de montrer que la mise en œuvre de bonnes pratiques est possible et utile, même pour de petites sociétés», souligne Christophe Reymond, directeur du centre patronal. Alors, les patrons de PME doivent-ils renoncer à la double casquette (de directeur et de président du conseil d’administration), cheval de bataille des associations visant une meilleure gouvernance? Pour le dirigeant, il faut rester pragmatique et cette vision est trop utopiste. «Néanmoins, le patron peut intégrer des personnes extérieures dans son conseil…», estime-t-il. Ou s’entourer d’un comité consultatif par exemple.

Questionnaire d’auto-évaluation

Une progression à petits pas, c’est l’ambition de cet ouvrage qui sera diffusé à 34 000 exemplaires. «La Suisse est peut-être légèrement en retard sur ce point par rapport à des pays comme la France ou la Belgique, estime Florent Ledentu, coauteur avec Nathalie Brender. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la gouvernance est un ensemble.» Qui englobe la mise en place d’une organisation claire de l’entreprise (définition des rôles, des risques, etc.) et les bonnes relations avec toutes les parties prenantes (clients, fournisseurs, employés, autorités, etc.), le tout dans un souci de transparence. «Le conseil d’administration constitue le moteur de cette gouvernance», poursuit son acolyte. Grâce à un questionnaire d’auto-évaluation, chaque entrepreneur peut se positionner et puiser dans cette boîte à outils pratiques ceux qu’il souhaite mettre en action. «Cette démarche doit être volontaire, estime Nathalie Brender, et aura alors pour conséquence le renforcement de la confiance dans l’entreprise.»

Convention d’actionnaires, charte familiale, rôles, rémunération, gestion des risques, transmission d’entreprise, communication sont autant de thèmes abordés dans cet ouvrage, tout comme la responsabilité sociale d’entreprise, qui avait fait l’objet d’une première brochure commune aux deux organisations patronales il y a deux ans. Un prochain thème se dessine déjà: la compliance.