C’est un grand classique du journalisme (et l’auteur de ces lignes est un récidiviste): il suffit de parler d’une nouveauté ou de trouver un projet novateur pour qu’il fasse l’objet de malversations ou qu’il tombe finalement à l’eau. Mardi, au lendemain de notre article sur la DeFi – la finance décentralisée sur la blockchain –, un hacker est parvenu à détourner environ 660 000 dollars dans ce système. En quelques secondes et avec 110 dollars. De quoi soulever des questions sur le degré de décentralisation souhaitable dans ce qui est également appelé la «finance programmable».

En plus de ces 110 dollars, ce hacker a utilisé sa connaissance très fine du fonctionnement de la DeFi. Cette finance sans banques permet en théorie à tout individu d’accéder à des services financiers, et même d’en créer. Différentes plateformes le permettent grâce à des smart contracts, des contrats configurables qui s’auto-exécutent lorsque des conditions prédéfinies sont remplies. Tout individu peut déposer des fonds sur ces plateformes et accorder des prêts, ou générer des produits financiers plus complexes.