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Un hedge fund prévoit un baril de brut à 300 dollars

Le pétrole a grimpé à 75 dollars en raison des tensions avec l’Iran. Il est au plus haut depuis quatre ans. Certains gérants le voient grimper davantage. La hausse des prix de l’énergie devrait augmenter l’inflation. Toutefois, malgré un euro à 1,20 franc et la hausse des prix importés, la BNS ne devrait pas relever ses taux

Le cours du pétrole surprend les analystes. Après avoir atteint 44 dollars au début de l’été dernier, le prix du baril de Brent n’a cessé de s’apprécier pour osciller mardi autour de 75 dollars. Les tensions avec l’Iran sont à la source de la hausse du cours du brut, expliquent les agences. La progression des prix de l’énergie pourrait provoquer une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt.

Certains gérants anticipent une croissance encore plus spectaculaire. Pierre Andurand, un gérant du hedge fund sur les matières premières Andurand Capital Management, prévoit une hausse du baril à 300 dollars d’ici quelques années en raison de la modestie des investissements dans ce secteur.

La percée des véhicules électriques accroît l’incertitude auprès des groupes pétroliers qui réduisent la taille de leurs projets, selon le site Cash. Si la barre des 100 dollars était franchie par le cours du brut, l’économie pétrolière non américaine se lancerait dans de nouveaux investissements, sans causer, à son avis, de dégâts majeurs sur le reste de l’industrie.

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Khaled al-Faleh, ministre du Pétrole d’Arabie saoudite, confirme que le cours peut encore s’apprécier sans pénaliser l’économie mondiale. En 2008, l’or noir valait par exemple 150 dollars. Et ce n’est pas lui mais la faillite de Lehman Brothers qui a plongé le monde dans la crise.

Hausse de l’inflation attendue en mai

La hausse du pétrole ne tardera pas à se répercuter sur les indices d’inflation et les taux d’intérêt. En Europe, la première estimation de hausse des prix pour la zone euro en avril sera publiée le 3 mai. Mais en Allemagne (1,4%), en Italie (0,6%) et au Portugal (0,3%), les indices ont été inférieurs à ceux de mars. En mai, à cause de la hausse du prix de l’énergie, le renchérissement devrait s’accroître. Marc Brütsch, chef économiste de Swiss Life, s’attend à une inflation de 1,7% en Allemagne.

En Suisse, «seule une forte baisse du franc pourrait amener les prix au-dessus de 1%», indique Karsten Junius, chef économiste auprès de Safra Sarasin. Les prix importés représentent 25% du panier de la ménagère. Une dépréciation de la monnaie de 4% conduirait à une hausse de l’inflation de 1 point de pour-cent uniquement si elle était répercutée intégralement sur les consommateurs. En général, cette condition n’est pas remplie, selon l’économiste. Il faut six à neuf mois avant qu’une variation des taux de change ne se traduise par une hausse des prix à la consommation.

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Ces douze derniers mois, les prix importés ont augmenté de 1,6 point de pour-cent plus fortement que les prix domestiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que le renchérissement a grimpé à 0,8%. Mais le chemin est encore long avant d’atteindre les 2% d’inflation prévus par la Banque nationale suisse (BNS) au milieu de 2020. Karsten Junius est d’avis que la hausse de l’euro à 1,20 franc n’est pas un argument suffisant pour que la BNS relève ses taux d’intérêt.

Hausse du bénéfice de BP

Les multinationales pétrolières devraient profiter de la hausse du pétrole. Malgré un versement de 1,6 milliard de dollars lié à la marée noire dans le golfe du Mexique, BP a publié mardi un bénéfice net trimestriel de 2,59 milliards, soit supérieur d’un demi-milliard de dollars aux prévisions des analystes. Le cash-flow de 5,4 milliards de dollars est inférieur de 1 milliard aux attentes, mais les raisons avancées plaisent aux investisseurs, si bien que l’action s’est appréciée de 1%. Les analystes préfèrent se concentrer sur le cash-flow que sur le bénéfice parce qu’il exprime davantage la capacité de faire profiter ses actionnaires de la hausse des prix. Shell vient d’ailleurs de chuter en bourse à l’annonce d’un renvoi d’un programme de rachat d’actions.

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