Un Indien dans la Valley

Qui est donc l’homme devenu directeur général de Google? Sundar Pichai, 43 ans, comme tout bon employé ou start-uper de la Silicon Valley, a une mission. Il confiait au site The Verge en mai dernier voir Internet comme le grand «équaliseur». «Vous faites la même recherche sur Google que vous soyez un professeur de Harvard ou un jeune dans une zone déshéritée.» Ce leitmotiv l’a amené loin de son Inde natale où il a entamé ses études, terminées aux Etats-Unis avant de rejoindre plus tard Google, en 2004.

Des succès hors normes

La promotion d’une telle personnalité, tout en haut de l’organigramme de Google, témoigne de l’émergence des ingénieurs indiens dans la Silicon Valley. Avec Satya Nadella, lui aussi né en Inde et nommé directeur général de Microsoft en février 2014, ils constituent les deux premiers rôles d’une diaspora très dynamique aux Etats-Unis. Une étude de l’Université de Duke datée de 2012 estimait que les Indiens auraient créé 15% des start-up de la Silicon Valley. Sundar Pichai a connu des succès hors normes. Il a notamment imposé l’idée de développer un navigateur concurrent à Internet Explorer de Microsoft, alors leader sur le marché. Peu croyaient dans le projet, même chez Google, et les débuts ont été franchement décevants avant que Chrome, lancé en 2008, ne s’impose comme le standard sur la plupart des ordinateurs dans le monde. Cet homme, décrit comme très respecté par ses collègues et adepte d’une vie simple, a ensuite mené plusieurs projets et dirigé des produits devenus des standards de Google (comme Maps, Gmail, Drive, Ads, etc.).

Sundar Pichai était surtout devenu l’homme d’Android, le système d’exploitation mobile numéro un dans le monde. S’il chapeaute désormais Google, la plus grosse entité du nouvel Alphabet, il sera chargé de développer et étendre la présence du système rival de l’IOS d’Apple. Android doit devenir plus forte comme marque que celle de son concurrent, alors que jusqu’ici l’étendard Google la masquait quelque peu. Surtout, le système d’exploitation de la maison doit aller chercher son prochain ­milliard d’utilisateurs notamment grâce au projet «Loon». Cette initiative un peu folle vise à mettre des ballons stratosphériques gonflés à l’hélium autour du globe pour permettre aux deux tiers de la population sans infrastructure d’accéder au réseau 3G voire 4G. Car, comme le souligne Sundar Pichai, nous sommes tous égaux devant une recherche sur Google, pour autant que nous soyons connectés.