A la Banque cantonale de Zurich (BCZ), l'atmosphère n'a pas radicalement changé, tant s'en faut. Un jour après le choc de la place financière helvétique qu'a constitué le sauvetage d'UBS, la salle d'attente au siège de l'établissement cantonal, à deux pas de Paradeplatz, est à peine moins remplie que la semaine dernière. Elle constituait du jamais-vu par rapport au nombre de nouveaux clients venus ouvrir un compte.

Ce vendredi midi, une dizaine de personnes attendent au rez-de-chaussée, dans un coin réservé à l'ouverture de nouveaux comptes mis en place il y a deux semaines. «L'afflux de nouveaux clients diffère fortement d'un jour à l'autre. Le calme régnait en début de semaine. Mais, aujourd'hui, de nombreuses personnes viennent au siège de notre établissement», souligne la porte-parole Sibylle Umiker. La BCZ a enregistré un afflux de nouveaux fonds à hauteur de 8,5 milliards de francs durant les huit premiers mois de l'année. Soit plus de dix fois ceux enregistrés un an plus tôt.

Marché de l'emploi tendu

Trois à cinq employés supplémentaires à l'interne ont été affectés à l'ouverture de nouveaux comptes. «La moitié d'entre eux ont repris leur poste de travail», souligne-t-on à l'établissement cantonal.

Chez Raiffeisen à Zurich, la journée de vendredi n'est pas différente des autres. Une grande quantité de nouveaux clients affluent de manière constante depuis le mois de février. «L'insécurité n'a pas disparu avec le soutien financier du gouvernement à UBS. Lorsqu'ils veulent ouvrir un compte chez nous, ils doivent en moyenne attendre deux jours pour rencontrer un conseiller», relève Andreas Breitenmoser, chef de Raiffeisen Zurich. Toutefois, la banque ne se précipite pas pour embaucher du personnel fixe. «Nous n'avons pas encore engagé de nouveaux collaborateurs. Le processus est lancé, mais il est difficile de trouver actuellement des personnes qualifiées», fait remarquer le responsable.

A la Banque Migros et à PostFinance, on partage cet avis. Marc Andrey, porte-parole de PostFinance, souligne qu'il n'est pas devenu plus facile de recruter de nouveaux conseillers à la clientèle qu'avant la crise: «La demande reste plus importante que l'offre.» «Le nombre de postes de conseillers à la clientèle à repourvoir reste élevé», confirme Matthias Hunn, directeur du marketing à la Banque Migros.

Contrairement à la situation pour le moins étrange qui règne à la BCZ depuis plusieurs semaines, l'aggravation de la crise financière depuis début octobre n'a pas chamboulé PostFinance. «Le volume de travail a été très important chez PostFinance depuis le début de l'année déjà. Octobre n'a pas été un mois beaucoup plus spécial que les précédents dans notre établissement», relate le porte-parole. Chez Banque Migros, l'afflux de nouveaux fonds a été nettement supérieur cette année par rapport à 2007. Mais aucune fluctuation spectaculaire sur une base quotidienne n'a été observée.

Compensation des heures supplémentaires

Malgré cela, des travailleurs temporaires sur une base flexible ont été engagés, aussi bien chez PostFinance que chez Banque Migros. La première a recruté une vingtaine de personnes pour des tâches d'une durée de quelques jours. La création de postes fixes est-elle prévue? «Pas plus que dans le budget. Nous compensons les heures supplémentaires grâce à notre modèle de temps de travail organisé sur une base mensuelle ou annuelle», répond Marc Andrey.

De son côté, la Banque Migros rechigne à augmenter le nombre de postes fixes. «Nous ne savons pas combien de temps cette situation particulière va durer. Nous ne voulons pas recruter massivement pour être obligé de réduire nos effectifs ensuite», conclut Matthias Hunn.