Assurances

Un krach ne mettrait pas en danger les grands assureurs

Bâloise, Zurich et Helvetia publient le très controversé test suisse de solvabilité SST. Leurs fonds propres sont plus du double du niveau nécessaire. Même une baisse des taux de 1% ou une baisse des actions de 50% ne leur ferait aucun souci

En vertu d’une circulaire de la Finma (2016/2), les assureurs étaient tenus de publier jusqu’au 30 avril un rapport sur leur situation financière, et de répéter l’exercice chaque année. L’objectif est d’évaluer les risques sous l’angle économique en fonction de leur valeur de marché. Lundi, Helvetia, Zurich Insurance et Bâloise ont présenté leur taux de solvabilité suisse (SST) au 1er janvier 2018.

Leur taux de solvabilité dépasse largement les 100% requis. Au premier janvier 2018, il a atteint 262% pour Bâloise, 216% pour Zurich et 212% pour Helvetia, ainsi que ces groupes le communiquent. L’amélioration est importante dans les trois cas. Le taux s’accroît de 48 points de pourcentage pour Bâloise, 12 points pour Zurich et 47 points pour Helvetia.

Si les taux d’intérêt baissaient encore de 100 points de base (1%), et les actions de 50%, le taux de solvabilité resterait supérieur à 140%, précise pour sa part Bâloise.

Un besoin de protection de l’assuré

Le SST définit la quantité de fonds propres dont un assureur doit, au minimum, disposer. Il est fonction du risque. Plus ce dernier est élevé et plus le capital minimum est important. Dans le cadre de cette évaluation, l’assureur détermine dans un premier temps son capital disponible. Et dans une deuxième étape, il estime le capital disponible en cas de conditions particulièrement défavorables. La Finma parle d’«événement néfaste qui ne se produit qu’une fois par siècle». Il peut s’agir d’un fort mouvement des taux d’intérêt ou d’une chute des marchés boursiers ou encore d’une catastrophe naturelle. Le capital ainsi défini s’appelle le capital cible. Si les fonds propres tombent en dessous de ce capital cible, la Finma exige que l’assureur prenne des mesures pour se recapitaliser.

Ce calcul a longtemps été l’objet de débat entre spécialistes, par exemple sur le choix des différentes variables prises en compte. «Nous soutenons l’effort de transparence de cette présentation parce qu’elle permet à l’assuré de choisir une assurance financièrement saine et au bénéfice d’une bonne réputation», commente George Quinn, directeur financier de Zurich.

Bâloise explique qu’elle emploie un modèle interne pour calculer le SST. Le passage à un modèle standard s’accompagne, à son avis, d’«une grande incertitude». Le modèle standard de SST pour l’assurance vie collective (prévoyance professionnelle) sera développé dans le cadre d’une coopération entre l’industrie de l’assurance et les autorités de la Finma et entrera en vigueur au début 2019.

Le groupe bâlois explique par exemple que son capital cible s’est accru de 9% à 4,369 milliards de francs. Mais les revenus d’exploitation, l’amélioration de l’environnement économique et l’émission de 500 millions de francs de capital hybride ont provoqué une augmentation de plus de 30% de son capital ajusté des risques, à 10,214 milliards de francs. Cela explique la très forte hausse de sa solvabilité. A l’image de la Bâloise, Helvetia a aussi émis du capital hybride (500 millions d’euros), profité de l’effet favorable de la hausse des actions et de la réduction de l’écart des crédits obligataires.

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