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Un livre donne les recettes pour doper l’innovation en Suisse

Le conseiller national Fathi Derder (PLR/VD) publie un ouvrage listant les problèmes à régler pour que la Suisse crée davantage de multinationales

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Des recettes pour doper l’innovation en Suisse

«La Suisse va trop bien. Soit on se réveille, soit on redevient un pays pauvre.» Dès les premières pages de son livre, Fathi Derder donne le ton. Le conseiller national vaudois PLR, candidat à sa réélection en octobre et chroniqueur dans Le Temps, publie ce mercredi un ouvrage intitulé Le prochain Google sera suisse (à 10 conditions). «A ma connaissance, dit-il, aucun travail de recensement des mesures à prendre pour créer un véritable champion national, voire européen, n’avait été réalisé. Il est capital que notre pays puisse continuer à créer des multinationales, ce sont elles qui tirent en avant nos PME.»

Fathi Derder pointe du doigt plusieurs problèmes: «Le capital-risque manque cruellement en Suisse, et il vient en général de l’étranger. Nous n’investissons plus dans l’avenir du pays.» Il cite un chiffre: selon le rapport 2015 de l’Association européenne du capital-risque, les levées de fonds des «venture-capitalists» basés en Suisse sont en baisse: 70 millions de francs en 2014, contre 209 millions en 2012. Au chapitre consacré à la facilité de créer une entreprise du Global Innovation Index (qui consacre chaque année la Suisse championne de l’innovation), la Suisse est 67e, entre la Pologne et le Cap-Vert, remarque le conseiller national.

Pour Fathi Derder, il y a urgence à agir. «Il ne faut pas laisser les Américains ou les Asiatiques prendre trop d’avance. Tout va plus vite. Il y a peu, il fallait quinze ans pour créer un géant dans un domaine. La numérisation, qui touche tous les domaines, a ramené ce délai à sept ans.» Le politicien liste dix conditions pour que le prochain Google soit suisse, dont «attirer les meilleurs talents», «doper le capital-risque et le financement privé de PME» et «simplifier la création d’entreprises et leur financement». Selon lui, les caisses de pension devraient être encouragées à investir des centaines de millions de francs, voire des milliards dans des start-up et des entreprises plus confirmées.

«A la racine»

Son discours sera-t-il entendu? «Je l’espère. Le problème, c’est que beaucoup de monde a conscience qu’il y a des problèmes pour le soutien aux entreprises, mais que tout le monde, ou presque, se dit que ce n’est pas si grave et que cela peut être résolu au cas par cas. Cela ne suffit plus, il faut traiter ces problèmes à la racine», conclut l’auteur.

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