«Le programme de réduction des coûts d’UBS n’est pas clair du tout», estime Denise Chervet, secrétaire centrale à l’Association suisse des employés de banque (ASEB), réagissant à l’annonce de la suppression de 3500 postes à travers le monde, y compris 400 licenciements en Suisse.

Premièrement, elle déplore le fait que ce plan ne respecte par le principe de «symétrie des sacrifices» exigé par l’organisation en juillet dernier. A savoir que toute suppression d’emplois doit être liée à un plan de réduction des salaires les 10% les plus élevés de la banque.

Ensuite, elle se montre aussi surprise que la banque évoque 400 «licenciements», sans préciser si des réductions d’emplois s’y ajouteront.

Enfin, elle redoute que les employés qui assurent les activités de soutien ne soient confrontés à des charges de travail plus élevées. «Les exigences de contrôle, notamment sur le plan juridique, ont augmenté. La masse sous gestion par employé également», relève la responsable de la principale association, qui représente les intérêts du personnel bancaire en Suisse.

Le plan social doit être prolongé au-delà de 2011

Denise Chervet s’inquiète surtout de l’arrivée à échéance à la fin de cette année du plan social négocié en 2009 à la suite de la crise financière. «Ce plan social est encore valable pour les employés qui seraient licenciés jusqu’à la fin de 2011. Mais qu’en sera-t-il après?» s’interroge-t-elle. Et de rappeler que la mise en œuvre de tels programmes de réductions d’effectifs peut nécessiter plusieurs mois et donc s’étendre au-delà de cette année.

C’est pourquoi, les négociations de renouvellement de ce plan social doivent «absolument inclure les partenaires sociaux, afin de rétablir la confiance des salariés, fortement mise à l’épreuve ces derniers mois», exige l’ASEB.

«En ce moment, UBS cherche à agir seule. La banque démontre ainsi que le partenariat social lui tient moins à cœur. C’est un mauvais signe», juge Denise Chervet. Au final, «UBS fait preuve d’un manque d’égards envers le personnel qui est resté fidèle à la banque durant la crise, contrairement à de nombreux autres employés qui ont quitté le navire à cette période», considère-t-elle.