En Chine, le vin suisse n’en est qu’à ses débuts. Selon la Société des exportateurs de vins suisses (SWEA), seules les grandes maisons valaisannes que sont Rouvinez et Provins y exportent déjà leurs produits. La coopérative Uvavins, la Cave de Genève et le domaine Jean-René Germanier s’apprêteraient à leur emboîter le pas dans l’Empire du Milieu.

Réduction de taxes ou pas, Rouvinez en a de toute manière fait un objectif prioritaire. «Ma sœur vient de s’établir dans la région de Shang­hai et commence à développer le marché, confie Frédéric Rouvinez. L’idée est de fournir un assortiment complet, de nos vins les plus simples à ceux plus soignés.»

L’an dernier, le producteur sis à Sierre (VS) a livré un peu moins de 8000 bouteilles dans l’Empire du Milieu. Mais il vient de recevoir une commande pour trois containers, soit 42 000 bouteilles, pour cet au­tomne. Des vins simples (gamay et dôle blanche), mais aussi des assemblages haut de gamme comme le Tourmentin (photo).

Ce dernier est commercialisé en Suisse au tarif de 29,50 francs la bouteille. En Chine, avant les baisses de taxes, elle serait vendue l’équivalent de 50 francs. Après la réduction des barrières douanières, «notre importateur estime qu’il pourra la vendre environ 45 francs». Une économie qui devrait permettre à Rouvinez de se rapprocher des prix de ses concurrents italiens et français. Mais une économie «qui n’est pas substantielle pour un acheteur chinois qui est d’accord de mettre plus de 40 francs», note Frédéric Rouvinez.