UBS, qui emploie 3700 personnes en Suisse romande, dont environ 2000 à Genève, gère 2652 milliards de francs d'actifs. C'est clairement le leader mondial de la gestion de fortune. Et sa position s'est renforcée en 2005: les entrées de fonds ont augmenté dans toutes les zones géographiques, déclare Peter Wuffli, président de la direction, mardi à la presse. L'afflux de fonds atteint 148,5 milliards au total (+80%).

L'Asie affiche naturellement une très forte croissance. UBS y progresse à un rythme de 20 à 25%, soit deux fois plus que la croissance moyenne du secteur, selon Peter Wuffli. «Un milliardaire asiatique sur deux est client de UBS», déclare-t-il à la presse. La banque est solidement implantée à Singapour, première place financière et centre «offshore» du continent. L'île attire les capitaux en provenance du reste du continent, car les grandes fortunes asiatiques ne se placent plus en Europe. «Mais il est faux de dire que les fonds européens partent s'investir à Singapour», selon Peter Wuffli. Ce dernier aimerait par ailleurs ouvrir une filiale en Inde, un marché encore très fermé aux groupes financiers étrangers.

En Europe également, la progression est impressionnante. Elle atteint 30 à 40% pour la banque suisse. Les actifs gérés par UBS augmentent de 21,8 milliards sur un marché stagnant. La banque espère y présenter un résultat équilibré en 2006.

A côté de son expansion dans les pays dits émergents, la banque a l'intention d'investir dans la gestion de fortune aux Etats-Unis. Ce qui peut inclure «des acquisitions sur base sélective». Le marché américain ne peut le laisser indifférent. Selon une étude de Boston Consulting Group citée par Bloomberg, cette région regroupe 60% de l'ensemble des millionnaires. UBS Wealth Management US a attiré 26,9 milliards de francs de nouveaux fonds, une amélioration de 49%. Mais les marges sont inférieures aux Etats-Unis à celles que UBS obtient ailleurs. Elles ne sont que de 78 points de base, contre 101 en moyenne pour l'unité Wealth Management International & Switzerland.

Et en Suisse? Dans les comptes de la banque, les clients suisses ont apporté 4 milliards supplémentaires, un doublement par rapport à 2004. La première banque du pays a sans doute accru sa part de marché l'an dernier.