L'ambassadeur suisse Luzius Wasescha a été élu mercredi à la tête du comité de négociations sur les «produits industriels» à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il reprend l'un des deux dossiers difficiles, responsables de la panne du Cycle de Doha. Il remplace l'ambassadeur canadien Don Stephenson, rentré au pays. Le projet d'accord présenté par ce dernier ce printemps n'a de loin pas fait l'unanimité.

Les premiers rendez-vous du nouveau président sont déjà pris. Luzius Wasescha commence des consultations avec des pays dès ce vendredi. Il compte définir son plan de travail aux membres de l'OMC le 22 octobre et espère présenter un projet d'accord d'ici à la fin de l'année. Il s'aligne ainsi avec Pascal Lamy, directeur de l'OMC, qui a abandonné l'idée de conclure le Cycle de Doha à la fin de l'année, mais qui espère conclure les modalités (préaccord chiffré) encore en 2008.

«Je vais concocter un nouveau menu pour les 152 membres pour faire avancer les discussions. J'offrirai le menu. Nous verrons s'il est végétarien ou gastronomique. Nous commencerons à le faire cuire, à moins qu'il ne s'évapore», a déclaré Luzius Wasescha, un grand habitué du langage imagé. Les pays industrialisés et les pays en développement s'opposent frontalement dans les négociations sur les produits industriels. Ces derniers veulent garder une certaine protection de leurs frontières face aux importations qui, selon eux, menacent leurs industries naissantes. «Les pays ont des intérêts divergents et je me mets à leur écoute», a-t-il encore déclaré hier.

Luzius Wasescha, 62 ans, est entré au service de la Confédération en 1980, au Département de l'économie. A présent, il est le responsable de la mission suisse auprès de l'OMC et est le négociateur en chef de la Suisse dans le cadre des négociations à l'OMC.