Un peu par à-coups. La pose des premiers mètres de conduites du nouveau gazoduc entre Trélex (VD) et Colovrex (GE), qui a eu lieu vendredi matin, manquait de fluidité. «Ce n’est pas comme ça qu’ils poseront 500 mètres par jour», rigolaient quelques-uns parmi la centaine d’invités. Qu’importe: d’ici à début 2014, un deuxième gazoduc d’une longueur de 24 kilomètres devrait approvisionner la région genevoise et la France voisine en gaz. Coût de l’opération: 50 millions de francs.

«Ce gazoduc est un symbole de la confiance que l’on accorde au gaz», estime René Bautz, directeur général de Gaznat, entreprise en charge de l’approvisionnement de la Suisse romande en gaz et à l’origine de cette nouvelle canalisation. En l’espace de dix ans, la consommation de gaz – qui représente environ 12% de l’énergie totale consommée en Suisse – a augmenté de 50% à Genève (chauffage, mobilité, etc.).

«Les capacités du gazoduc actuel [qui part du village de La Cure, plonge dans le lac à Gland et ressort à Genève, ndlr] sont limitées. Il est important de sécuriser l’approvisionnement de la région avec une seconde installation», martèle René Bautz. Par exemple, en connectant 1500 tubes d’acier soudés à plus d’un mètre sous terre aux gazoducs existants. Le tracé se situe exclusivement en terres agricoles. La perspective de passer à nouveau sous le lac n’a pas été retenue, car les rives du Léman sont trop fréquentées. La vingtaine de recours contre le projet ont tous été écartés.

Origine européenne

«Le gaz proviendra à 70% d’Europe, 20% de Russie et 10% de régions diverses comme l’Algérie», détaille René Bautz. En théorie, la quantité de gaz qui transitera en une année par le nouveau gazoduc devrait permettre au total de fournir de l’énergie à plus de 100 000 villas.