crise

Un nouveau jeudi noir sur les places financières mondiales

Jeudi, la bourse suisse a fait une chute de 5,39%. Les banques européennes sont en première ligne face aux rumeurs

Après un début de semaine relativement calme, les bourses sont reparties en forte baisse ce jeudi, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Le SMI – indice phare de la bourse suisse – a ainsi chuté de 4,15% alors que l’indice boursier européen Eurostoxx perdait 5,39%.

Dubitatif, Loïc Bhend ne voit pas d’explication particulière à cette nouvelle chute des marchés. «C’est une conjonction d’éléments peu rassurants», explique l’analyste financier à la banque Bordier. ­Celle-ci commence avec la publication de chiffres macroéconomiques américains moins bons que prévu. L’indice des prix à la consommation a ainsi progressé de 0,5% au mois de juillet alors que les inscriptions au chômage ont augmenté à 408 000 au cours de la semaine dernière. Il y a ensuite la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy de mardi qui n’est pas parvenue à rassurer des investisseurs toujours inquiets par l’évolution de la crise de la dette au sein de la zone euro. «Le sommet n’a apporté aucune réponse, ce qui prouve, une fois encore, que les politiciens européens sont incapables d’agir en situation de stress», constate Loïc Bhend.

Enfin, les rumeurs ont continué de se répandre comme une traînée de poudre. Et comme la semaine dernière, c’est le secteur financier qui a été visé. Dans son édition d’hier, le Wall Street Journal révélait ainsi que la Fed de New York aurait récemment demandé aux banques européennes présentes aux Etats-Unis des informations concernant leurs besoins et leurs capacités de financement pour mener à bien les opérations quotidiennes. Selon le journal financier, l’institut monétaire s’inquiéterait de la capacité des filiales à maintenir un niveau adéquat de liquidité, au cas où leurs maisons mères seraient contraintes à rapatrier brutalement des capitaux.

Dans le même temps, on apprenait que la Banque centrale européenne (BCE) avait accordé, pour la première fois depuis février, un prêt de 500 millions de dollars pour une durée de sept jours à une banque «non identifiée». Ce recours à la BCE – preuve que les banques rechignent à se prêter entre elles – tendrait à confirmer que certains établissements pourraient faire face à des difficultés pour financer leurs dettes arrivant à maturité.

Face aux rumeurs, la Société Générale – «véhicule à rumeurs privilégié», selon Loïc Bhend – s’est à nouveau retrouvée en première ligne. A la clôture des marchés, le titre de la banque française perdait 12,34%. «Cela prouve que l’interdiction de la vente à découvert – mesure adoptée par la France et d’autres pays européens la semaine dernière – ne fonctionne pas», explique l’analyste. Ce mécanisme avait pourtant été montré du doigt le 10 août lorsque le titre de la «Soc­Gen» s’était effondré de plus de 22% durant la journée.

Sceptiques sur l’état de santé de l’économie américaine et européenne, les investisseurs se sont donc à nouveau tournés vers les actifs considérés comme étant les plus sûrs. Le franc s’est ainsi apprécié face à l’euro alors que le taux de rendement des emprunts américains à dix est passé, pour la première fois, sous le seuil des 2%.

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