Un nouvel acteur veut investir le marché romand du crédit à la consommation. Il s'agit de la firme zurichoise Cashgate, créée l'automne dernier. Dans un premier temps, elle va démarrer ses activités en Suisse alémanique. Mais elle devrait vite lorgner du côté de Genève et de Fribourg. «Notre objectif est de couvrir l'ensemble de la Confédération», confirme la porte-parole de la société.

Cashgate a été fondée par la Banque cantonale de Zurich (ZKB), avec trois de ses consœurs alémaniques, ainsi que par la banque régionale bernoise Valiant. La ZKB détient presque la majorité du capital-actions, devant Valiant (20%). Ce nouvel acteur financera les crédits privés et les leasings automobiles.

Des marges intéressantes

Les prêts à la consommation font des envieux. Davantage par les marges qu'ils permettent de dégager que par la croissance du secteur. Entre 2002 et 2003, le chiffre d'affaires du segment a plafonné aux alentours de 13,5 milliards de francs, selon les chiffres de l'Association des banques et instituts de crédit (VSKF). Les petits crédits ont représenté un peu plus de 6 milliards, le solde correspondant aux leasings proposés aux particuliers, généralement pour l'achat d'une voiture.

Les marges dégagées par les instituts financiers sont intéressantes. D'autant plus que ces derniers ont pu se financer à bon compte dans les marchés ces dernières années. Le loyer de l'argent est très bas depuis 2002. Les taux à court terme sur le franc ont évolué aux alentours de 1%. Mais les banques chargent généralement un intérêt de plus de 10% en contrepartie du risque encouru. «Ce taux peut varier dans une fourchette comprise entre 9,9% et 12,5%», explique Jean-Paul Darbellay, porte-parole de Credit Suisse. Dans le cas du leasing, la facture est plus douce. «Entre 4,9% et 7,25% selon le montant du financement», confie le porte-parole. La banque est propriétaire du véhicule et dispose ainsi d'une garantie.

Cashgate ne devrait pas bouleverser le petit crédit en Suisse. Il sera très difficile de déloger le géant GE Money Bank. L'établissement vient de changer de nom, comme ses cousines européennes l'automne dernier. Il s'appelait GE Capital jusqu'alors. Ce dernier avait racheté les activités de UBS en 1999 (Aufina et Prokredit). Le groupe américain détient 60% des parts de marché, devant Credit Suisse (27%) et la Banque Migros (6%). Cashgate viserait la troisième place du classement helvétique, soit un minimum de 7% du gâteau, estime Finanz und Wirtschaft. «Une supposition qui ne repose sur rien de concret, rétorque la porte-parole de Cashgate. Nos objectifs n'ont pas encore été communiqués.»

L'arrivée de Cashgate pourrait donner des idées à GE Money Bank. Un clic sur son site français donne un début de piste. La palette de services offerte à Lyon ou Paris est plus étendue qu'à Genève ou Zurich. Des crédits hypothécaires sont proposés aux particuliers. Ce n'est pas le cas en Suisse. Il est dès lors possible que GE Money Bank investisse le marché de l'immobilier. Elle se retrouverait alors face à UBS.