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Un nouvel incubateur verra le jour dans le Biopôle d'Epalinges

L’incubateur vaudois StartLab ouvrira en 2018 sur le site du Biopôle. Il donnera accès à des laboratoires et offrira un service d’accompagnement aux start-up

Un incubateur dédié aux start-up actives dans les sciences de la vie verra le jour au premier trimestre 2018 à Epalinges, au nord de Lausanne, sur le site du Biopôle. Cette nouvelle structure, appelée StartLab, permettra d’accueillir jusqu’à 12 jeunes entreprises durant trois ans au maximum. Environ 300 m2 de bureaux et 700 m2 de laboratoires complètement équipés, comprenant une quarantaine de paillasses, à savoir des espaces dédiés aux manipulations biologiques, leur seront dédiés.

Parallèlement, dans ces mêmes espaces de laboratoires, des salles communes seront à disposition des start-up: chambre froide, local pour la culture cellulaire, salles de centrifugation, d’amplification d’ADN, de stockage, local de chimie et de microbiologie. Toutes ces infrastructures et équipements, dont le coût s’élève à plusieurs centaines de milliers de francs, ont été financés par Biopôle SA. Cette entité est détenue à 97,5% par le canton de Vaud, le reste appartenant à la Ville de Lausanne et la commune d’Epalinges.

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Un accompagnement

Parallèlement, l’incubateur StartLab veut offrir un service d’accompagnement. «Nous mettons en place un club d’entrepreneurs. Ces experts accompagneront les jeunes pousses pour les aider à transformer leurs idées en réalité commerciale», précise Nasri Nahas, directeur général de Biopôle SA depuis 2015.

Ce club devrait comprendre une vingtaine d’entrepreneurs. Parmi eux, Nicolas Durand, fondateur d’Abionic, une entreprise qui développe des outils de dépistage et de diagnostic ultra-rapides. «Notre société a été créée en 2010. Une telle structure aurait sans aucun doute permis d’accélérer la croissance de notre start-up», affirme-t-il.

«Opportunité fantastique»

«C’est compliqué de démarrer une société dans les sciences de la vie. Il ne suffit pas d’un bureau et d’une connexion internet. Cet incubateur devrait permettre aux sociétés de démarrer vite, de tester des idées avec agilité et de pouvoir pivoter rapidement si nécessaire. En outre, cet environnement devrait inciter à échanger et partager», souligne Nasri Nahas. En transformant des coûts fixes d’investissement en simples charges variables de fonctionnement, StartLab espère ainsi pallier l’aversion au risque des investisseurs, qui doivent avancer des montants importants lors des premiers tours de table pour financer les infrastructures. Nouria Hernandez, rectrice de l’Université de Lausanne, applaudit aussi face à cette initiative. «Il s’agit d’une opportunité fantastique qui incite les chercheurs et les étudiants à créer leur start-up. C’est d’ailleurs l’un des objectifs de l’Université de Lausanne.»

Les entreprises hébergées dans le StartLab signeront des contrats de services de courte durée et renouvelables jusqu’à maximum trois ans en fonction de leurs besoins. «Elles débourseront, par exemple, aux alentours de 50 000 francs par an si elles souhaitent avoir accès à trois places de bureau et deux-trois paillasses. Cette souscription leur donne un accès à toutes les salles, aux équipements, aux formations et à l’accompagnement», explique Nasri Nahas, qui s’est en partie inspiré du LabCentral du Massachusetts Institute of Technology de Boston, aux Etats-Unis.

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Comité consultatif

StartLab pourrait faire penser au Campus Biotech Innovation Park à Genève, qui offre aux entrepreneurs des plateformes technologiques et des possibilités de réseautage essentiellement dans le domaine des neurosciences et de la médecine. Mais selon le directeur de Biopôle, «il n’existe actuellement dans la région aucune structure similaire à StartLab, entièrement dédiée aux sciences de la vie.»

L’incubateur vaudois n’investira pas directement dans les jeunes pousses sélectionnées. Sur quels critères compte-t-il en revanche les choisir? StartLab s’appuiera sur un comité consultatif composé de représentants de l’EPFL et de l’Université de Lausanne, de leurs services de transfert de technologie respectifs, de l’IMD et de HEC, ainsi que de spécialistes du capital-risque.

Tout près du CHUV

L’innovation scientifique dans les sciences de la vie et la pertinence à transformer cette idée en réalité commerciale seront déterminantes. Les domaines de l’oncologie, de l’immunologie, de la médecine personnalisée et numérique ainsi que le secteur de la nutrition auront un attrait particulier pour StartLab. «Nous avons l’avantage d’être à quelques mètres seulement du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et d’avoir sur le campus même des instituts de recherche de renom, comme le Département d’oncologie du CHUV et de l’Université de Lausanne, le Centre d’immunologie ou le Département de biochimie de l’Université de Lausanne ou l’Institut Ludwig pour la recherche sur le cancer», conclut Nasri Nahas.

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