Depuis le 13 août, la deuxième compagnie aérienne canadienne, Canadian Airlines, est pour trois mois au bénéfice d'un sursis concordataire décidé par le gouvernement d'Ottawa. Canadian a un urgent besoin de cash pour passer l'hiver: de 300 à 500 millions de francs.

Mais la situation intrinsèque de la compagnie est très mauvaise, rapporte le magazine spécialisé Flight International: elle enregistrera cette année selon toute probabilité sa onzième perte en douze exercices, et continue de traîner une dette d'un milliard de francs.

Le gouvernement canadien est prêt à adoucir une loi sur la propriété des compagnies aériennes, pour permettre à AMR (la holding qui contrôle American Airlines) de faire monter sa participation actuelle, de 25% du capital et 33% des droits de vote, à 50% des actions.

Trois possibilités

Problème: bien qu'alliée de Canadian au sein de Oneworld (avec British Airways), la grande compagnie américaine ne semble pas décidée à venir à sa rescousse. Un autre scénario prévoit une absorption par Air Canada; le sursis concordataire permet l'échange d'informations financières entre les deux compagnies, qui aurait déjà commencé. Troisième possibilité: un redimensionnement de la compagnie basée à Calgary, et la vente des destinations rentables sur l'Asie.

Sinon, la faillite semble programmée. Réponse à la mi-novembre.

T. M.