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La relation la plus élevée entre la rémunération du patron et celui d'un employé se trouve auprès de Dufry, en raison de sa forte présence dans les pays à bas salaire, selon HKP
© Reuters

Gouvernance

Un patron peut-il gagner 180 fois plus qu'un employé?

Les rémunérations des directeurs maintenant connues, on s'aperçoit de l'écart entre les très hauts salaires et ceux des employés moyens. Analyse des deux raisons majeures de ce phénomène

Les rémunérations des patrons des grandes entreprises suisses s'assagissent, si l'on en croit l'institut HKP. Le consultant s'appuie sur la baisse de 13,8% des rémunérations des patrons des 20 plus grandes entreprises cotées en 2016 (membres du SMI). Entre 2011 et 2016, la hausse annuelle n'a pas dépassé 2,2%. Pas de quoi s'échauffer! Pourtant les écarts ne diminuent pas au sein de la hiérarchie des salaires. Une analyse s'impose.

HKP a en effet calculé la relation entre la rémunération du directeur général et les frais de personnel moyens, aussi bien pour les 20 plus grands groupes (SMI) que pour les viennent-ensuite (SMIM).  

A lire aussi: Les salaires des grands patrons rattrapés par ceux des groupes de taille moyenne

Dans les 20 très grands groupes (SMI), on s'aperçoit que le rapport dépasse 180 pour Nestlé, 140 pour Actelion et environ 100 pour Richemont, LafargeHolcim, Roche et Novartis. En-dessous de 40, on trouve Geberit, Swiss Life, Julius Baer et finalement Swisscom.

Dufry au sommet

Dans les 28 groupes de taille moyenne (SMIM), le patron de Dufry, le spécialiste du commerce de détail hors taxes, dépasse de presque 200 fois les frais de personnel moyens de l'entreprise. Celui de Logitech arrive à 140 fois, Temenos environ 100 fois. La moitié des sociétés se situent à 20 ou en dessous, à l'image de Galenica, Bâloise, Ems-Chemie, Swiss Prime Site. 

Ces chiffres ne doivent pas être pris au pied de la lettre, avertit Michael Kramarsch, associé gérant auprès de HKP. Ce ratio est souvent très politisé, mais les comparaisons ne sont pas possibles. Deux raisons principales rendent l'exercice particulièrement douteux sous l'angle économique.

La différence entre l'industrie et les banques

D'une part, une entreprise fortement implantée à l'étranger, qui plus est dans les pays à bas salaires d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, aura forcément des employés nettement moins payés qu'un directeur général basé en Suisse. C'est le cas naturellement de Nestlé et du Bâlois Dufry. Ce dernier est présent avec ses magasins hors taxes dans 2200 villes du monde avec près de 29 000 employés. Mieux vaudrait comparer un manager et un employé du même pays. 

D'autre part, la structure des coûts diffère complètement d'une branche à l'autre, observe le consultant HKP. Au sein des banques, les salaires représentent une part très importante des dépenses d'une entreprise. D'ailleurs le coût moyen d'un employé dépasse largement 200 000 francs au sein de Julius Baer, UBS et Credit Suisse, alors qu'il est inférieur à 80 000 francs chez Nestlé, SGS, Actelion, Swatch ou Adecco, pour ne citer que les membres du SMI.

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Au sein du SMIM, les frais de personnel moyens dépassent même 350 000 francs chez Partners Group, un leader du capital-investissement, et avoisinent 250 000 francs chez GAM, un gérant de fonds de placement, alors qu'ils sont inférieurs à 50 000 francs chez Dufry, Sulzer et Aryzta, et à 80 000 francs auprès de Georg Fischer et Sika.

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