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La place suisse, notamment la gestion de fonds de placement, est l'une des principales en Europe.
© Keystone/ Gaetan Bally

Fonds

Un Petit Poucet devenu mastodonte

OPINION.La fortune gérée dans les fonds de placement suisses a atteint 1970 milliards de francs, un nouveau record qui a permis à la Suisse de s’imposer parmi les leaders européens en la matière

Bien que les premiers fonds de placement aient été commercialisés en Suisse avant la Seconde Guerre mondiale, leur diffusion était alors très confidentielle. Ce n’est qu’au cours des vingt-cinq dernières années qu’ils ont fortement gagné en importance et sont progressivement devenus l’un des piliers du secteur financier, à tel point que le volume de fonds en Suisse a passé la barre des 1000 milliards en juillet 2017.

Fin 2016, la fortune gérée dans ce cadre a atteint 1970 milliards de francs, un nouveau record qui a permis à la Suisse de s’imposer parmi les leaders européens en la matière. Aujourd’hui encore, les fonds de placement restent le principal support de distribution de produits de gestion d’actifs destinés aux investisseurs. Il en existe toutefois d’autres, notamment les mandats, les fondations et les produits d’assurance, qui reposent eux aussi sur des prestations de gestion d’actifs.

Complexité croissante

En plus d’être longue, la chaîne de création de valeur dans ce secteur s’est complexifiée depuis le début des années 1990. Alors qu’à l’époque la grande majorité des fonds étaient des produits de placement gérés, détenus et distribués par des banques, de multiples prescriptions réglementent actuellement la collaboration entre les directions de fonds (administration), les banques dépositaires (conservation) et les gestionnaires, ainsi que l’indépendance de chacun de ces acteurs. Même des prestations complémentaires telles que la révision des comptes, la surveillance et le marketing, qui sont souvent souhaitées, obligatoires et essentielles pour les directions de fonds, font fréquemment l’objet de cahiers des charges stricts soumis à l’approbation des autorités.

Dans un tel contexte, il est important que le secteur de la gestion d’actifs parle d’une seule et même voix. Bien que la finance helvétique compte depuis longtemps diverses associations professionnelles, celles-ci se concentrent souvent – et c’est compréhensible – sur des aspects propres à certains établissements (par exemple banques ou assurances) ou produits (fonds, produits structurés, etc.) et sur des fonctions transversales moins complexes telles que la gestion d’actifs et la distribution de produits de placement. Pendant toute une période, la gestion d’actifs n’a donc été que rarement considérée comme un secteur à part entière et sa valeur de même que l’influence des marchés financiers sur le financement (par exemple de la prévoyance vieillesse) n’ont pas – ou pas suffisamment – été prises en compte dans le cadre des décisions de politique économique et financière ou relatives au droit fiscal.

Un véritable partenariat

Il ne fallait guère compter sur le soutien de l’opinion publique – qui avait globalement une image peu favorable du secteur financier, et donc de la gestion d’actifs. Le principal objectif de cette dernière, à savoir – autant le dire clairement – la réalisation d’un rendement aussi élevé que possible pour les investisseurs, était loin de faire l’objet d’un consensus. La branche a toutefois fini par comprendre qu’il ne tenait qu’à elle de remédier à cette situation insatisfaisante. Il convient désormais de rassembler les aspects communs aux divers types d’établissements sur une même plateforme consacrée exclusivement à la gestion d’actifs, et ce sous la supervision opérationnelle de la Sfama. Dans ce cadre, tous les acteurs concernés doivent avoir conscience qu’il ne s’agit pas de tomber dans le schéma traditionnel de la défense des intérêts de chacun, rarement efficace, mais d’engager enfin un véritable partenariat pour s’adresser aux milieux politiques et au grand public avec des arguments solides.

L’image véhiculée par la gestion d’actifs s’est améliorée, si bien qu’un pan de plus en plus large de la population est conscient de son importance, surtout dans un contexte de taux d’intérêt bas. Le secteur a par ailleurs gagné en professionnalisme et en transparence. La clarification de sa fonction et de son utilité représente à la fois une mission, une exigence et une motivation, et permettra de s’assurer que, en Suisse également, la success story de la gestion d’actifs se poursuivra.

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