Le moment est venu de permettre une convertibilité du renminbi sur les comptes en capitaux pour faciliter les rachats d’entreprises étrangères actuellement bon marché par des investisseurs chinois, selon une étude de la banque centrale chinoise citée par un journal lui appartenant. Actuellement, les capitaux investis dans la monnaie nationale chinoise, le yuan (ou renminbi), ne peuvent pas être librement convertis en devises étrangères, ce qui permet au gouvernement chinois de contrôler les flux de capitaux sortant du pays et de se prémunir contre les mouvements spéculatifs. Mais cette restriction constitue aujourd’hui un frein aux investissements chinois à l’étranger, qui augmentent rapidement.

«Ouvrir les comptes en capitaux est bénéfique aux fusions-acquisitions d’entreprises étrangères, à l’acquisition de technologies étrangères, et facilite l’accès aux marchés et aux ressources», selon le rapport de la banque cité par le Financial News jeudi. «Si nous attendons que les conditions soient complètement mûres pour une libéralisation des taux d’intérêt, du taux de change ainsi que pour l’internationalisation du yuan, le moment ne sera peut-être jamais le bon pour ouvrir les comptes en capitaux», poursuit la banque centrale chinoise. «Les valorisations actuelles des entreprises occidentales sont faibles, à 14 fois le revenu moyen par action selon l’indice Dow Jones et à environ 10 fois le revenu moyen par action selon les principaux indices boursiers européens», ajoute l’institut d’émission chinois.

L’ouverture des comptes en capitaux est considérée par les économistes comme un préalable à la pleine convertibilité du renminbi. Tant que la monnaie de la deuxième économie mondiale ne sera pas convertible au même titre que le dollar, l’euro ou le yen, elle ne pourra pas devenir une monnaie de réserve internationale. La Chine souhaite internationaliser sa monnaie afin d’être moins dépendante des variations du billet vert, qui constitue encore de loin la première monnaie dans les échanges internationaux, devant l’euro.

La banque centrale considère que les risques liés à l’ouverture des comptes en capitaux sont actuellement faibles pour quatre raisons: les actifs des banques chinoises sont pour l’essentiel libellés en yuans, les réserves de change de la Chine, qui frôlent les 3200 milliards de dollars, sont pour la plupart placées en obligations peu affectées par les variations des taux de change, l’endettement extérieur à court terme du pays est faible, et «les risques liés au marché immobilier et à celui des capitaux sont maîtrisables».