La Grèce apparaît comme un voltigeur accroché à son trapèze. Jusqu’à présent, elle n’arrivait pas à convaincre ses créanciers qu’elle tenait bon la barre. Avec le filet de sécurité que l’Europe a fini par lui tendre jeudi soir, sauf rebondissement pendant la nuit, elle devrait mieux s’en sortir. Comme la zone euro devrait, elle aussi, pouvoir souffler.

La solution présentée, parce qu’elle fait appel au Fonds monétaire international, n’est pas la plus glorieuse. La Banque centrale européenne a peut-être voulu l’éviter en donnant hier, par surprise, un nouveau ballon d’oxygène aux marchés obligataires de la zone euro. Sans succès. La BCE n’apprécie pas ce qui sera fatalement un affaiblissement, au moins symbolique, de la monnaie unique. Elle redoute aussi, à juste titre, que le nouveau filet européen n’incite pas les Etats membres à respecter leurs engagements en matière de discipline budgétaire.

Voilà pourquoi l’accord d’hier, dont les détails doivent encore être publiés, comporte un deuxième volet capital. Poussée par l’Allemagne, l’UE veut profiter de cette crise pour renforcer sa gouvernance économique. C’est le seul moyen d’éviter qu’une nouvelle spirale négative n’entraîne un autre Etat membre, tel le Portugal dont la note souveraine a été abaissée mercredi.