Il y a onze ans, lors de la libéralisation du marché de la téléphonie mobile en Suisse, quatre acteurs devaient se faire concurrence: Swisscom, Orange, Sunrise (qui avait racheté in extremis Diax) et l’espagnol Telefonica. Ce dernier parti avant d’avoir construit la moindre antenne, ils ne furent que trois. Et bientôt plus que deux, avec un nouvel Orange totalisant environ 38% du marché. Sera-t-il assez solide et volontaire pour concurrencer sérieusement Swisscom? On peut en douter.

D’abord parce que tant Orange (par la qualité de son réseau) que Sunrise (par la qualité de son service après-vente) ont déçu de nombreux consommateurs ces derniers mois. Des consommateurs qui n’hésitent plus à payer une prime de 20% sur les tarifs pour rejoindre Swisscom, comme celui-ci l’affirme ouvertement.

Au niveau des investissements, on voit mal France Télécom, maison mère d’Orange, investir davantage en Suisse, notamment en fibre optique. Andreas Wetter, directeur d’Orange jusqu’à cet été, n’a cessé de rappeler qu’il ne fallait rien attendre de Paris.

De plus, ce nouvel opérateur en face de Swisscom permettra encore plus facilement à ce dernier de contrecarrer des volontés de libéraliser ses marché en présentant ce nouveau compétiteur comme redoutable. De toute façon, libéralisé trop tard et de façon maladroite, le marché de la téléphonie mobile semble figé pour très longtemps. Et sur le réseau fixe, Orange ne pourra a priori jamais rivaliser avec les milliards investis par Swisscom sur son réseau.

Le spectre d’un duopole du type Migros-Coop est donc bien présent. A Orange de démontrer que ce rachat de Sunrise sera non seulement une bon ne opération pour ses propres marges, mais aussi pour les consommateurs helvétiques.