INNOVATION

Un produit «tournant» sur les pays émergents

UBS émet un produit structuré basé sur la rentabilité à moyen terme des actions originaires de quatre pays en devenir.

Les marchés émergents sont en phase de correction. L'investisseur tenté par les cours actuels peut y entrer de façon originale, avec les nouveaux produits structurés de l'UBS qui utilisent les stratégies dites de «momentum», ainsi qu'on le verra ci-dessous. «Une première sur le marché suisse», selon Nicolas Marx, spécialiste des produits structurés sur actions à l'UBS.

La théorie économique se penche depuis longtemps sur les mouvements des marchés financiers. Depuis 1990, avec Lehmann et Jegadeesh, on sait qu'on assiste à des renversements de tendances à court terme: les actions qui affichent la meilleure performance durant un mois ont davantage de chance de figurer au rang des principaux perdants le mois suivant. En outre, à moyen terme, on observe plutôt un phénomène de continuation des tendances. C'est le fruit des travaux de Jegadeesh et Titman (1993 et 2001): les gagnants des 3 à 12 derniers mois ont une forte probabilité de rester les plus performants durant la période suivante.

Ces recherches sont à la base des stratégies dites de momentum. Elles sont mises à profit par l'UBS dans l'émission d'un produit structuré complètement nouveau sur le marché suisse. Il s'agit de «perles open end» sur l'UBS BRIC country rotator index, qui seront en souscription jusqu'au 12 juin prochain. Les perles open end sont des certificats à la durée illimitée qui fluctuent en même temps que le panier de titres sous-jacents. Ici, il s'agit des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

Le produit combine les deux enseignements de la théorie cités précédemment sur les gagnants à court et moyen terme. Il classe le rendement des 4 marchés après six mois - effet à moyen terme -, mais attend 1 mois avant d'introduire la nouvelle composition - effet à court terme. Cette attente d'un mois permet d'intégrer l'inversion de tendance à court terme mise en évidence par la théorie.

Si l'on prend pour base la fin janvier 2006 pour composer l'indice de rotation de l'UBS, on accorde une pondération de 40% à la Russie, 30% au Brésil, 20% à l'Inde et 10% à la Chine. Et après six mois, on opère un «tournant» en fonction des performances indicielles.

Cette stratégie présente de bons résultats, selon Nicolas Marx. Dans le passé, elle aurait permis d'ajouter 7% de rendement annuel à un investissement sans rotation entre les quatre pays.

A la lumière des performances des dernières années, la banque observe que cet effet de momentum est particulièrement sensible entre les pays, si l'investissement porte sur les marchés émergents. Mais ce même effet de momentum ne se retrouve pas sur les marchés des pays industrialisés. Il existe sur les grands marchés occidentaux, mais entre les différents secteurs (banques, pharma, télécoms, etc.) et non les pays.

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