Domaine méconnu, la réassurance, et plus généralement la gestion du risque, est une source d’innovation basée en Suisse, un centre de savoir et un vivier de talents. La journée des investisseurs de Swiss Re a permis d’en percevoir l’étendue.

Le groupe suisse, qui compte 300 chercheurs en son sein, s’est profondément transformé ces dernières années, saisissant les nouvelles opportunités. Michel Liès, son patron, utilise souvent le terme de protection gap pour évoquer la différence entre les risques assurés dans le monde et ceux qui ne le sont pas encore. Cet écart est béant dans les marchés de croissance (pays émergents), mais aussi dans les pays industrialisés. Dans ce dernier cas, pensons à la voiture connectée, un marché de 50 milliards de dollars en 2020, ou au cyberrisque, 10 milliards en 2020 ou encore à la mortalité (105 000 milliards).

Alors que de nombreux commentateurs se concentrent sur un éventuel «risque d’éclatement de la bulle chinoise», Swiss Re investit massivement dans les régions de croissance, notamment en Asie. La part des primes est passée de 15% en 2012 à 27% en 2014 et bientôt 30% en 2020, promet le directeur. Si l’Inde donne des signes inquiétants de protectionnisme dans l’assurance – «similaires au Brésil» selon le groupe –, Swiss Re se positionne à long terme. Il a ainsi doublé ses effectifs dans les marchés à forte croissance pour atteindre 1430 collaborateurs en Asie.

Swiss Re a redistribué 10,6 milliards aux actionnaires en cinq ans. Nul doute que l’innovation de cette star méconnue de l’économie suisse lui permettra d’atteindre ses objectifs. C’est par leur savoir-faire que les sociétés suisses peuvent faire mieux que leurs concurrents.