Malgré une augmentation inattendue des demandes d'allocations de chômage aux Etats-Unis, au plus haut depuis dix semaines, et une augmentation des prix à l'importation, le dollar restait stable jeudi. Il semble même entamer une reprise technique.

Selon une recherche de Credit Suisse, le billet vert peut «rebondir significativement» durant deux semaines à un mois et atteindre 1,20 contre le franc suisse. Les mêmes investisseurs qui ont vendu leurs positions en dollars ont commencé à en accumuler de nouvelles, si bien que la monnaie américaine est passée au-dessus de sa moyenne des onze jours pour la première fois depuis mi-octobre et se dirige vers un point de résistance à 1,1610 franc.

La banque Sarasin prévoit aussi une reprise technique, mais elle s'empresse d'ajouter que le billet vert est la monnaie la plus risquée du moment et ne tardera pas à perdre de l'altitude. CS anticipe également la poursuite future de la baisse «structurelle» du dollar.

Trois facteurs fondamentaux soutiennent son rebond actuel. Les statistiques conjoncturelles, notamment les sondages auprès des industriels, sont par exemple plus faibles en Europe qu'aux Etats-Unis. L'écart de taux d'intérêt qui s'est formé entre obligations américaines et européennes s'est élargi à un tel point (0,5%) qu'il permet au dollar de reprendre son souffle. Et, aussi surprenant soit-il, le Congrès américain semble réticent à laisser s'accroître le déficit public et prête davantage l'oreille aux arguments des élus démocrates.

Si aucun de ces éléments n'inverse les tendances dévastatrices prises par le déficit de la balance courante et la dette, ils renforcent les facteurs techniques à la hausse, selon Credit Suisse.

Sur le marché des devises, le plus grand risque reste le désintérêt marqué par le Trésor américain, selon la banque Sarasin. Les économistes se disent frappés par les déclarations, citées par la Börsen Zeitung, d'un adjoint à John Snow qui place la barre à 1,45 euro avant que la baisse du dollar ne suscite une réaction des autorités.