L'indice conjoncturel avancé LEA-Picter s'est stabilisé au mois de juin après avoir chuté en mai et augmenté en avril. Il évolue en dents de scie, et ce, depuis près d'une année après sa forte croissance de la fin 1996 et du début 1997, ce qui reflète sans doute assez bien la conjoncture genevoise de ces dernières années. En effet, lorsqu'une économie sort de récession, elle affiche généralement des taux de croissance élevés car ses capacités de production étaient sous-utilisées. Une fois celles-ci mieux employées, la croissance se stabilise pour retrouver plus ou moins rapidement son rythme de croisière.

Dans le cas de Genève, ce processus semble s'être déroulé trop rapidement. Vu l'ampleur de la dernière récession genevoise, retrouver un niveau correct d'activité en une année semble très court. Cette année, l'économie genevoise a vraisemblablement été freinée par la crise des marchés asiatiques. Ces influences néfastes se sont légèrement atténuées puisqu'en juin les indicateurs relatifs à l'industrie et à l'hôtellerie ont donné des signaux positifs. Si la situation est encourageante, l'avenir n'est pas totalement exempt de nuages noirs. Aux yeux des entreprises, les perspectives d'emplois baissent légèrement. Comme un peu partout en Occident, l'économie va bien, les décideurs sont pessimistes. Espérons qu'ils se trompent…

Chef économiste chez Pictet & Cie