Un robot développé en Suisse pourrait permettre de lutter contre le coronavirus. Basée à Villaz-Saint-Pierre (FR), la start-up Rovenso vient de modifier l’une de ses machines pour la transformer en robot désinfectant, via la projection de rayons ultraviolets.

Fondée en 2016 et issue de l’EPFL, Rovenso est spécialisée dans la conception de robots de surveillance, tant autour que dans des bâtiments industriels. L’entreprise compte sept employés et vise à entrer sur le marché à la fin de 2021. Pour l’heure, elle réalise des projets pilotes avec des entreprises de sécurité et des industriels, tant en Suisse qu’à l’étranger.

Par ultraviolet

Cette semaine, des ingénieurs de Rovenso ont modifié l’une de leurs machines autonomes, désormais capable de projeter des rayons ultraviolets pour abaisser la charge virale des surfaces traitées. Ces rayons, émis à une longueur d’onde spécifique, les UV-C, sont capables de casser l’ADN des bactéries et des virus, qui ne peuvent plus se reproduire. «Un nettoyage au désinfectant est extrêmement efficace s’il est bien exécuté. Mais en pratique il n’est pas si facile à réaliser, car il faut normalement laisser agir le liquide avant de l’essuyer. Notre solution est complémentaire. Ni le nettoyage classique ni le traitement par ultraviolet ne garantissent une stérilisation complète des surfaces. Mais chaque action abaisse statistiquement la charge virale des surfaces traitées. Dans notre cas, on la divise par 100, ce n’est donc une désinfection qu’à 99%», avance Thomas Estier, cofondateur et directeur de Rovenso.

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Son robot pourrait ainsi évoluer dans des sites d’entreprises, que ce soit des ateliers, des bureaux ou des cafétérias, en l’absence de personnels – car les rayons UV-C sont dangereux pour la peau des personnes et en particulier pour leurs yeux.

Augmenter la sécurité

Thomas Estier ne sait pas quand et si son robot désinfectant sera mis en vente. «A la base, ce n’est pas une démarche commerciale. Ce sont mes collègues qui, en plein confinement, se sont demandé ce que l’on pouvait faire pour augmenter la sécurité des employés des entreprises installées sur le site où nous nous trouvons à leur retour du télétravail.» Etant spécialisée dans les robots de monitoring de sûreté et de sécurité des sites industriels, qui patrouillent la nuit en l’absence de collaborateurs, ajouter une fonction au robot pour réduire la charge virale était une option logique.

Qui pourrait acquérir ce robot? «Au-delà de la crise actuelle, peut-être existe-t-il un marché dans la désinfection des laboratoires, en sciences de la vie, pour des instituts de recherche ou dans le secteur de la pharma», avance Thomas Estier.

Précision chirurgicale

Le directeur de Rovenso note qu’il existe déjà des appareils comparables vendus par des sociétés étrangères, notamment actifs dans la désinfection des hôpitaux. «Les rares robots de désinfection pour les hôpitaux ne sont pas adaptés aux grands espaces des bureaux ou des ateliers de nos industries, poursuit Thomas Estier. Ces machines projettent des rayons UV de manière massive dans un espace restreint. Nous proposons plutôt une frappe de précision chirurgicale.» Le robot de Rovenso est capable d’analyser l’environnement en trois dimensions, d’identifier les seules surfaces à traiter (tables, bureaux, distributeurs, etc.), de simuler l’irradiation des surfaces par ses lampes UV avant de ne déposer que la dose requise.