Innovation

Un robot désherbeur vaudois suscite l’intérêt des investisseurs

La start-up du Nord vaudois EcoRobotix a levé 3 millions de francs. Elle prévoit de commercialiser sa machine d’ici à la fin de l’année prochaine

Un robot désherbeur, développé par la start-up EcoRobotix à Yverdon-les-Bains, devrait être commercialisé d’ici à la fin de l’année prochaine. La jeune entreprise de huit personnes, qui teste actuellement sa machine en conditions réelles, a récemment obtenu 3 millions de francs auprès notamment du nouveau fonds de capital-risque 4FO Ventures, créé sous l’impulsion de l’entrepreneur Jean-Pierre Rosat et du vice-président de Roche, André Hoffmann.

Investiere.ch et Business Angels Switzerland ont également participé à cette opération qui devrait permettre de terminer le développement et de lancer une première série de robots en Suisse et en France. «Pour démarrer, nous prévoyons d’en commercialiser une trentaine. Ils pourront être utilisés pour la saison 2018», explique Steve Tanner, cofondateur de la start-up au côté d’Aurélien Demaurex.

«Rendre plus attractif le travail de la terre»

Muni de caméras, d’un logiciel d’analyse d’image, de capteurs et d’un GPS, ce robot autonome qui fonctionne à l’énergie solaire est capable de s’attaquer par pulvérisation uniquement aux herbes nuisibles dans les champs, réduisant la dose de pesticides. «Notre machine peut réduire les désherbants d’un facteur 20», estime Steve Tanner. Léger, le robot limite le tassement des sols, les rendant ainsi moins vulnérables à la sécheresse et aux inondations.

«Nous voulons faire évoluer un secteur qui utilise les mêmes machines depuis 30 ans. Il y a une demande de plus en plus marquée des paysans, qui appliquent aujourd’hui à plus de 90% des produits chimiques sur leurs récoltes et parfois jusqu’à six fois par année, précise Steve Tanner, un ingénieur en microtechnique de l’EPFL et fils d’agriculteur. Nous aimerions rendre plus attractif le travail de la terre auprès des nouvelles générations et souhaitons montrer que la haute technologie a sa place dans l’agriculture de demain.»

Marché en milliards de dollars

L’entreprise cherche à développer à terme un produit pour l’agriculture biologique et imagine, par exemple, remplacer l’utilisation du produit chimique par une lame qui pourrait broyer la mauvaise herbe et éviter ainsi le coûteux et pénible désherbage à la main.

La société, fondée en 2011 à Essert-Pittet (VD), vise dans un premier temps les champs de betteraves à sucre mais aussi les grandes cultures en ligne (colza, maïs, tournesol et les cultures maraîchères). Le prix du robot devrait s’élever à 24 000 francs, montant qui devrait être rentabilisé, selon Steve Tanner, en cinq ans. Pour EcoRobotix, le potentiel de ventes est estimé à plusieurs millions de robots au niveau mondial. «Le marché se chiffre à quelques milliards de francs par année, uniquement pour la betterave à sucre. A terme, nous en visons quelques pourcentages», prévoit Steve Tanner.

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