Au royaume des sacs de luxe devenus culte, il y a le Lady Dior avec ses breloques tintinnabulantes chères à la Diana Spencer. Il y a le Kelly d'Hermès devenu célèbre quand, sur la couverture de Life, la princesse de Monaco s'en servit pour dissimuler sa grossesse. Il y a le 2.55 de Mademoiselle Chanel. Et on en passe. Depuis quelques saisons, il y a également le «baguette» de Fendi. L'objet s'apparente plus au sac-bijou qu'au fourre-tout rustaud. Il doit son nom à son format, rectangulaire, très horizontal, beaucoup plus long que haut. Et son aura à un habillage sophistico-chic: l'hiver prochain, on le trouvera en peau de lapin ou dans des tons poudrés, avec longs poils ou fermoirs fantaisie, textures épatantes, mais toujours dans les limites d'un bon goût savamment mesuré. Dans la boutique Fendi de Genève, toute la collection d'été s'est vendue en un seul jour, et pour cause: les clientes s'étaient mises sur liste d'attente. D'autres se sont déjà inscrites pour l'automne.

C'est que la prestigieuse marque italienne a opéré un récent ravalement de façade. Les lignes ont été rajeunies, ce qui donne par exemple, pour l'automne, de ravissants petits manteaux taillés dans une sorte de feutrine blanche et semés de perles de verre; des tailleurs rose pâle ou marron, bordés de lapin, etc. Un rhabillage que l'on attribue à l'arrivée, dans l'entreprise familiale, d'une nouvelle génération Fendi, plus attentive aux envies des jeunes clientes. «De toute façon, aujourd'hui, ce sont les jeunes femmes qui achètent le plus», confirme Madame Benakis, de la boutique genevoise.

A noter au passage que la société (Taramax) qui détient la licence pour les montres Fendi du monde entier est basée à Marin (NE).

Fendi, entreprise familiale fondée en 1925, était d'abord spécialisée dans la maroquinerie et la fourrure, elle s'est diversifiée, puis elle a opéré, il y a peu, un spectaculaire relookage. Toutes caractéristiques qui sont également, comme par hasard, celles de Gucci et de Prada.