Expert international de coordination, contrôleur financier, conseiller en management de projet, spécialiste des énergies renouvelables, consultant spécialisé en gestion des déchets. La liste des offres d'emploi ouvertes à l'étranger publiée par Cinfo, le Centre d'information, de conseil et de formation des professions de la coopération internationale, illustre l'évolution des profils recherchés par les organisations actives dans ce secteur. «L'image de l'instituteur qui construit des puits en Afrique durant ses vacances ou celle du jeune diplômé en sciences sociales qui part sur le terrain après ses études ont vécu. Aujourd'hui, la coopération recherche essentiellement des spécialistes avec des compétences de management et plusieurs années d'expérience à l'étranger», lance Caroline Perren, conseillère à Cinfo.

La question des compétences requises pour travailler dans la coopération sera notamment débattue lors du Forum qui se tiendra samedi 6 septembre, au Palais des Congrès de Bienne. Durant ce salon, qui a lieu tous les deux ans, 80 organisations comme Caritas, Terre des Hommes, le CICR ou la DDC (Direction du développement et de la coopération), ainsi que des agences onusiennes et des institutions financières internationales, auront des stands d'information. Diverses conférences seront aussi organisées.

«C'est vrai que les profils recherchés dépendent beaucoup du type d'organisation, de sa taille et de ses activités, nuance Caroline Perren. Néanmoins, le rôle de l'expatrié change. La tendance est de recruter des professionnels chargés d'encadrer le personnel local, de faire l'interface entre les équipes locales et le siège en Suisse, de gérer les tâches administratives et financières. Ces expatriés auront des missions de conseil, de gestion du personnel, ainsi que de coordination. Les compétences en matière d'acquisition de marchés sont aussi recherchées, pour pouvoir répondre à des appels d'offres», dans la construction, la reconstruction d'infrastructures ou le déminage, par exemple.

Justement. La Fondation suisse de déminage (FSD) engage des collaborateurs possédant ce type d'aptitudes. Parmi les «internationaux», soit 25 personnes pour une équipe de 460 collaborateurs locaux, des experts en déminage, qui travaillent sur mandat pendant de courtes périodes et sont chargés de transmettre leur savoir-faire au personnel local. Il s'agit souvent de personnes qui ont passé la première partie de leur carrière dans l'armée. Parmi les «internationaux» aussi, huit responsables de pays qui ont de solides compétences générales en management, acquises dans le secteur du développement ou de l'humanitaire et parfois dans le secteur privé. «Ils doivent notamment savoir rechercher des fonds et gérer les relations avec les donateurs», explique Benedikt Truniger, adjoint du directeur général de la FSD.

La question du passage entre les deux univers - le secteur privé et la coopération - sera d'ailleurs l'un des sujets abordés au forum. Pour de nombreuses organisations, disposer de collaborateurs qui «possèdent un parcours mixte, avec des expériences dans le secteur privé et d'autres dans la coopération est très précieux», estime Benedikt Truniger.

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