Horlogerie

Un salon pour prendre le pouls des fournisseurs horlogers

Le salon EPHJ-EPMT-SMT attire un nombre record d’exposants. Outre les affaires, il y sera aussi question de relève et de formation continue

Ce sera le prochain baromètre fiable pour l’horlogerie suisse. Alors que les exportations de montres ont continué de croître sur les quatre premiers mois de l’année, malgré des taux bien plus faibles qu’auparavant, qu’en est-il de la santé des fournisseurs? Dans une semaine à Genève, l’édition 2013 du salon EPHJ-EPMT-SMT, qui rassemble les sous-traitants horlogers, de la microtechnique et des techniques médicales, sera en mesure de fournir des réponses précises. Premier constat, la participation est au rendez-vous. L’événement va ­enregistrer un nouveau record de 750 exposants (+13%), qui présenteront leur savoir-faire et des in­novations technologiques, selon un communiqué de presse publié mardi. Du 11 au 14 juin, à Palexpo, il sera toutefois beaucoup question du vif ralentissement que vit la branche, avec même une contraction des activités dans certaines régions.

Pénurie de main-d’œuvre

Lorsque les activités faiblissent, les fournisseurs sont en première ligne et ressentent plus durement les effets de la contraction. Pour l’heure, les marques livrent encore les commandes datant de 2011-2012, quand bien même le marché n’est déjà plus à ce niveau de ventes, explique Olivier Müller, patron de la marque Laurent Ferrier. ­«Jusqu’au redémarrage de la consommation asiatique prévue fin 2014-2015, le marché va perdre quelques points de pourcentage. Il se pourrait que la baisse atteigne 3 à 5%», projette le spécialiste. Soit environ 1 milliard de francs en termes d’exportations, selon lui. «Ce qui est loin d’être dramatique. Mais les répercussions pour les fournisseurs vont être amplifiées, de –10 à –15%», ajoute Olivier Müller. Les spécialistes appellent ce phénomène le coup de fouet («bullwhip» en anglais), soit l’effet de levier sur la chaîne d’approvisionnement. Concrètement, cela signifie que la baisse des commandes s’avère plus que proportionnelle chez les fournisseurs par rapport à la stagnation ou au reflux du marché. Un recul des ventes de 10% peut ainsi entraîner une diminution de 30 à 40% des commandes.

En attendant d’y voir plus clair, les organisateurs de l’EPHJ-EPMT-SMT n’en oublient pas pour autant un autre défi majeur du secteur: la formation. Le mardi 11 sera d’ailleurs consacré à cette thématique, en présence de Mauro Dell’Ambrogio, secrétariat d’Etat à la Formation, à la recherche et à l’innovation. Diverses personnalités politiques, académiques et issues du secteur industriel débattront de relève et de formation continue. Une enquête menée auprès de chefs d’entreprise du secteur des fournisseurs, ayant entre autres comme thème la pénurie de main-d’œuvre, sera dévoilée. Ses auteurs révèlent que l’étude «mettra en évidence le malaise de ces patrons face à une filière professionnelle qui a du mal à séduire les jeunes». Selon une estimation de l’an dernier, le secteur horloger aura besoin de 3200 nouveaux employés d’ici à 2016.

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