Il est désormais établi que le ralentissement de la croissance économique en Chine est en route. Reste maintenant à mesurer l'effet de contagion sur les économies environnantes, et plus particulièrement sur les Etats-Unis, puis l'Europe. Par contre, il ne semble pas encore évident d'établir une étroite corrélation avec la demande d'investissements industriels lourds, tant il est vrai que les besoins d'équipements des économies émergentes et américaines demeurent élevés, notamment en matière d'investissements pour la génération d'électricité et pour les infrastructures de transport. D'ailleurs, 2004 restera dans les esprits comme une excellente année pour tous les acteurs en présence.

Certes à court terme, l'horizon s'assombrit avec un retournement des indicateurs avancés, une possible reconstitution des inventaires et une envolée des prix des matières premières qui pourraient engendrer des pincements de marges, et une remontée des taux d'intérêt défavorable aux groupes industriels habituellement endettés. Dans ce contexte peu propice pour les valeurs industrielles en 2005, nous favorisons cependant Alstom, comme histoire de retournement.

La massive restructuration financière de cet été offre un ballon d'oxygène pour les deux prochaines années. Le groupe doit maintenant confirmer son redressement opérationnel. Positionné sur des marchés porteurs, tels l'équipement pour la génération d'électricité et le transport ferroviaire, le groupe y détient de solides positions de leader mondial. La demande asiatique (Chine et Inde) soutenue à moyen terme dynamisera les dépenses d'investissements en équipements industriels, relayées à plus long terme par les efforts de maintenance et de remplacement des équipements dans les pays industrialisés.

Dans le transport ferroviaire, le processus d'urbanisation dans les pays émergents, le décongestionnement des villes et les contraintes environnementales dans les économies développées porteront le marché. Certes, la marge de manœuvre du management est faible en cas d'échec. Mais la taille du carnet de commandes (supérieure à 2 ans) et les récents contrats remportés (Chine, métro de Washington) sont de bon augure pour l'avenir. Pour 2006, le groupe affiche des objectifs de marges et de résultats ambitieux, mais néanmoins réalisables. En prenant l'hypothèse que ceux-ci seront atteints, alors le cours actuel du titre offre une décote significative, supérieure à 20%, par rapport à sa somme des parties. Le risque n'en vaut-il pas la chandelle?