Dans le secteur pharmaceutique, une bonne productivité de la R & D est nécessaire à assurer la pérennité de la société. Malgré tous les moyens technologiques à disposition, l'efficacité de la R & D baisse. Actuellement, il faut développer environ 13 molécules pour en commercialiser une seule (taux de succès de 7,7%). De plus, les coûts explosent: maintenant, il faut budgétiser 881 millions de dollars en moyenne par produit (y compris les échecs) qui va atteindre le marché (contre 500 millions de dollars en 2000), selon les derniers chiffres annoncés par Pfizer à BioData 2005.

Comment survivre dans un contexte qui monopolise de plus en plus de moyens financiers? On peut apporter plusieurs réponses et donner quelques exemples de stratégies:

Acheter une société – c'est la réponse de Pfizer (acquisition de Pharmacia) et de GlaxoWellcome (acquisition de SmithKline Beecham) à la pénurie de croissance ou de projets. Malgré les avantages qui en découlent (mainmise sur un portefeuille complet, synergies…), il y a parfois des problèmes (distractions du métier de base, coût élevé, dilution des bénéfices et de l'actionnariat, restructurations…). Cette option ne constitue pas toujours la solution et peut même parfois se révéler être une source d'obstacles.

Acheter des licences – c'est l'avantage de la flexibilité sans les problèmes d'intégration. Cette solution a été choisie par la majorité des sociétés pharmaceutiques en fonction des opportunités qui se présentaient. Il existe suffisamment de sociétés de petite et moyenne taille cherchant des partenaires pour les aider à développer et commercialiser de nouveaux projets. Ce genre de partenariat peut être plus ou moins équilibré: achat de la totalité des droits ou collaboration dans plusieurs domaines. Tout dépendra des moyens financiers de chacun.

Se concentrer sur certaines catégories thérapeutiques – c'est l'option de la spécialisation choisie par Roche dans le domaine hospitalier mais aussi des diagnostics. La société préfère se concentrer sur des catégories bien maîtrisées et sortir des franchises qui se révèlent moins intéressantes (abandon des antibiotiques).

S'associer à une société de biotechnologie – c'est l'option risquée qui peut rapporter gros mais qui peut aussi mal tourner. Roche et Novartis, avec respectivement Genentech et Chiron, ont choisi de jouer la carte de la biotechnologie. Tout se passe très bien pour Roche mais on ne peut pas en dire autant pour Novartis.

Chaque société choisit de s'adapter à son environnement. Le flair stratégique de celle-ci est extrêmement important pour choisir la bonne option au bon moment.