En 2004, les valeurs du secteur des services publics auront délivré une excellente performance, battant de 16% l'indice DJ Stoxx 600. Cette évolution concrétise l'amélioration intrinsèque des bénéfices du secteur, profitant pleinement des plans de réduction des coûts et de restructuration, ceci dans un environnement de taux d'intérêt à des niveaux historiquement bas.

Elle souligne également les tendances haussières des prix de vente dans le secteur de l'énergie, qui se traduisent par une amélioration de la rentabilité des groupes. Toutefois, sur une base historique, le secteur reste toujours faiblement valorisé à 13,3 fois les estimations 2005, tranchant ainsi avec la restauration des fondamentaux du secteur, comme la capacité à accroître l'autofinancement disponible et le rendement, thèmes actuellement prisés par les investisseurs.

L'année 2005 sera, quant à elle, marquée par les enjeux liés aux contraintes environnementales (restriction des émissions de gaz carbonique), à la hausse du prix des matières premières, à l'impact des normes IFRS et à une probable hausse des taux d'intérêt.

Depuis le 1er janvier 2005, la directive européenne sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre est entrée en application dans la majorité des pays européens. Son impact financier devrait néanmoins rester limité, compte tenu des volontés conciliantes des gouvernants envers leurs acteurs nationaux. Le développement des contrats à terme d'achat de combustibles devrait permettre de lisser temporairement la volatilité des prix des matières premières.

Actuellement, ces achats de combustibles représentent près de 13% des chiffres d'affaires mais dépendent aussi de la demande puisque la production d'électricité ne se stocke pas. Avec une demande soutenue et un pétrole cher, les marges des électriciens pourraient s'en trouver affectées, par ces deux effets cumulatifs, dans le courant de l'année 2005.

La mise en place des normes IFRS, avec notamment la disparition des amortissements de survaleurs sur les bénéfices nets, aura un impact significatif. En moyenne, les bénéfices déclarés devraient s'apprécier d'environ 20%.

Désormais, forts de bilans restructurés, nous pourrions assister à quelques opérations de consolidation, notamment en Europe du Sud, où la demande est dynamique et le marché fragmenté. Enfin, nous n'excluons pas que la corrélation historique, entre les taux d'intérêt à long terme et les valorisations du secteur, ait finalement un impact moins significatif que par le passé sur le cours des titres, tels E.ON Group et Suez, que nous recommandons, si les taux d'intérêt à long terme venaient à remonter. En effet, au cours des deux derniers exercices, ces entreprises ont soit réduit significativement leur endettement, soit modifié la nature de leur dette vers des taux fixes. Alors, assisterons-nous en 2005 à ce paradoxe de surperformance des valeurs des services publics dans un environnement de hausse des taux d'intérêt à long terme?