Economie

Un secteur sous la loupe. Nouveaux vaccins: un espoir contre le cancer?

Un secteur sous la loupe.

La prévention du cancer passe par l'alimentation, le mode de vie ainsi que par la suppression de certaines habitudes dangereuses (tabagisme, alcoolisme...). 2006 verra également le lancement de deux vaccins (Gardasil de Merck et Sanofi-Aventis; Cervarix de GlaxoSmithKline) contre le cancer du col de l'utérus, 2e cause de mortalité dans le monde chez les femmes. Est-ce que ce genre d'immunothérapie serait applicable à d'autres cancers et pourrait donner l'espoir de guérir des tumeurs aux nouvelles générations?

L'immunothérapie est étudiée depuis longtemps dans le domaine de l'oncologie, sans grands résultats, sauf pour le cancer du col de l'utérus. Deux raisons à cela:

1. un virus est responsable du cancer: le HPV ou Virus du Papillome Humain, transmissible sexuellement. Bien qu'il y ait plusieurs souches (plus de 100) responsables du cancer, certaines/16 et 18) sont présentes dans 70% des cas de cancer. La cause est connue, le remède semble donc évident.

2. actuellement, les tests effectués chez les femmes (Pap-Test) sont assez performants pour détecter des lésions et permettent de traiter suffisamment tôt (avec un taux de survie à 5 ans de 70%). On connaît donc bien la pathologie, mais on aimerait la prévenir et c'est tout l'objectif d'un vaccin.

Tous les cancers ne sont pas aussi simples à expliquer et sont souvent induits par des mutations de l'ADN de certaines cellules ainsi que par l'échec de l'apoptose (mort cellulaire autoprogrammée en cas de déficience de la cellule). Et certains cancers sont si complexes dans leurs interactions avec le corps humain (influences hormonales et/ou immunitaires) que l'on ne peut pas toujours déterminer avec certitude la cause de la pathologie. L'utilisation de l'immunothérapie dans le cas du cancer du col de l'utérus est toutefois un pas dans la bonne direction.

Les deux vaccins (Gardasil et Cervarix) fonctionnent sur le même principe: une protéine L1 capside (manteau du virus) est assemblée en particules ressemblant morphologiquement au virus et induit une très forte réponse immunitaire chez le patient. L'efficacité est impressionnante: une protection à 100% contre les souches 16 et 18 et une réduction potentielle de la mortalité liée au cancer de 70%. Ces deux vaccins sont porteurs de beaucoup d'espoir pour les générations futures et pour les sociétés puisque le marché à l'horizon 2010 sera de 4 milliards de dollars, soit environ 5% des ventes totales pour chacune des sociétés. Toutefois, il reste le défi marketing (marché à développer, connaissance dans le public du lien entre HPV et cancer, maladie sexuellement transmissible pouvant poser des tabous dans certains pays) et le prix à payer pour ce genre de prévention (350 dollars pour trois injections). A suivre...

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