Selon l'OMS, 8,9% des maladies sont liées à la consommation de tabac, d'alcool et de substances illicites. Les conséquences physiques, psychiques et sociales à court et long terme de l'usage de ces produits sont la mortalité, la co-morbidité (schizophrénie, dépression) et l'isolement social. Il n'y a pas de solution miracle et le processus est souvent long jusqu'à l'abstinence.

Les substances psychoactives (tabac, alcool, médicaments, drogues illégales) agissent dans le cerveau sur les mécanismes de régulation des fonctions de l'humeur, des pensées et des motivations. L'utilisation de ces substances se fait dans un but précis: recherche de bénéfices (plaisir, soulagement...) mais aussi parfois pour s'intégrer socialement dans un groupe. Les dommages à court et long terme dépendent du type et de la forme de produit, du schéma et de la fréquence de consommation. Les dommages possibles sont multiples: effets chroniques (cancer, HIV, cirrhose...) et effets aigus à court terme (overdose, accidents de la route, suicide...).

Chaque substance incriminée a des propriétés différentes par rapport à ses propres mécanismes d'action. Le point commun entre toutes est la dépendance.

La dépendance est une pathologie difficile à traiter car elle peut être physique et/ou psychique. Le terme a été défini au début du XIXe siècle dans les cultures industrialisées et s'est d'abord appliqué à l'alcool. Pour être considérée comme maladie, la dépendance doit impliquer 3 ou plus de critères prédéfinis (forte envie, difficultés à se contrôler, symptômes de sevrage et de tolérance, négligence des plaisirs alternatifs).

La dépendance est le résultat d'une interaction complexe des effets physiologiques des médicaments sur certaines zones cérébrales liées à l'émotion et à la motivation combinés à un «apprentissage» de cette relation entre la drogue et ses effets. Toutes les substances activent le système de dopamine mésolymbique, qui joue un rôle clé dans les processus d'apprentissage, de motivation et de sentiment de récompense.

Les traitements médicamenteux de la dépendance existent mais les succès varient en fonction du patient et de la substance. On peut citer les médicaments d'ancienne génération comme l'acamprosate, le naltrexone pour la dépendance alcoolique; les patchs et les chewing-gums à la nicotine pour le tabagisme. Une autre approche a également été prescrite pour le sevrage tabagique avec le bupropion (Zyban de GlaxoSmithKline), antidépresseur à l'origine, à combiner avec une thérapie anti-nicotine. La méthadone est utilisée pour le sevrage aux opiacés.

De nouveaux traitements ont été lancés récemment (Champix de Pfizer - varenicline, agoniste partiel des récepteurs nicotiniques) ou vont voir le jour prochainement (un vaccin anti-nicotine développé par Cytos en collaboration avec Novartis).

A noter que l'administration de médicaments ne peut donner de miracle à elle seule et doit être combinée à une thérapie comportementale afin de maximiser le succès du traitement. Alors, envie d'en fumer une?