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santé

Un smartphone et des électrodes pour prévenir les risques d’infarctus

SmartCardio détecte les anomalies du rythme cardiaque. Elle collabore avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) afin de valider son appareil. La start-up veut faire sa place sur un marché évalué à 5 milliards de dollars

Face au potentiel de la technologie, David Atienza se devait de fonder une start-up. Actuellement en cours de création, elle porte déjà le nom de SmartCardio et espère faire sa place sur un marché évalué à 5 milliards de dollars.

La jeune pousse veut commercialiser une invention issue de deux laboratoires de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Il s’agit d’un petit appareil capable de détecter les anomalies des battements du cœur à un stade très précoce afin de prévenir un infarctus.

Selon l’OMS, un tiers des décès dans le monde seraient causés par les maladies cardio-vasculaires. «Notre appareil permet de détecter les signes avant-coureurs afin d’organiser une prise en charge urgente dès les premiers symptômes», explique David Atienza, professeur assistant, responsable du Laboratoire des systèmes embarqués (ESL) à l’EPFL.

Concrètement, le patient doit porter, sur le torse, quatre électrodes de haute précision. Combinées à un réseau de communication sans fil, elles assurent un suivi du rythme cardiaque en continu, à distance et en temps réel. Les informations sont transmises à un microprocesseur miniature de moins de 100 grammes, porté à la ceinture. Plusieurs algorithmes analysent les signaux biologiques et repèrent les éventuelles anomalies. Lorsqu’un dysfonctionnement est repéré, l’information est envoyée sous forme compressée au smartphone du patient et relayée au personnel médical, qui peut ainsi prendre les mesures qui s’imposent.

Mis au point par des chercheurs du Laboratoire des systèmes embarqués (ESL) et du Laboratoire des circuits de télécommunications (TCL) de l’EPFL, le système repose sur différents logiciels qui filtrent les bruits et analysent le rythme cardiaque en temps réel. «Le système dispose de batteries prévues pour durer trois à quatre semaines d’affilée», précise David Atienza.

Actuellement, ces patients portent des systèmes relativement encombrants, dénommés Holter. Des électrodes sur la poitrine sont reliées à un petit magnétophone portable à la ceinture. Le système permet un enregistrement continu sur 24 à 48 heures. «Les Holter ne peuvent pas travailler plus de trois à quatre jours d’affilée et le patient doit à chaque fois se rendre dans un établissement hospitalier pour l’analyse des données», note David Atienza.

Le système de l’EPFL a été testé en conditions réelles. Cinquante personnes avec des problèmes d’arythmie l’ont porté pendant quatre mois. L’étude a été présentée et validée par CNN Labs, le groupe scientifique de la chaîne de télévision CNN. «Notre système sécurise les patients et permet de réduire les visites à l’hôpital d’environ 90%», affirme David Atienza, futur directeur de Smart­Cardio, qui transmettra par la suite les rênes de l’entreprise à ­Srinivasan Murali.

SmartCardio, qui vient de passer la première évaluation de Venture Kick, a obtenu un financement de 10 000 francs. Elle collabore avec le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) afin de valider son appareil. «Nous espérons pouvoir démarrer la commercialisation à la mi-2013», prévoit déjà David Atienza.

Alors que le marché des Holter est évalué à 5 milliards de dollars, David Atienza espère que sa start-up enregistrera un chiffre d’affaires de 40 millions de francs en 2018 avec un bénéfice de 8 millions. Avec comme autre ambition de rester ancré en Suisse et de se transformer en PME. «Avec une centaine d’emplois à la clé», précise-t-il.

Le marché reste toutefois assez concurrentiel. Outre les traditionnelles Holter, des sociétés telles Life Watch ou CardioNet développent également des solutions destinées à enregistrer les électrocardiogrammes. Qu’en est-il des développements du CSEM en matière d’électrodes intégrées directement aux vêtements? «Ces électrodes ne permettent pas de faire d’analyse en temps réel. Une union entre les deux technologies serait toutefois intéressante», prévoit déjà David Atienza.

«Notre système sécurise les patients et permet de réduire les visites à l’hôpital d’environ 90%»

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