La Grèce a jusqu’à jeudi soir au plus tard pour présenter un programme de réformes à ses créanciers (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission) afin de permettre une reprise des négociations sur une nouvelle aide financière. Les propositions seront alors évaluées samedi par l’Eurogroupe et les trois institutions. Leurs recommandations seront soumises à un sommet européen le dimanche 12 juillet. Une décision finale sera prise ce jour-là.

«Nous nous sommes mis d’accord pour étudier de manière urgente s’il est possible de trouver les bases d’un accord, a déclaré Donald Tusk à l’issue de ce sommet de la zone euro convoqué mardi soir en urgence après la victoire du non au référendum du 5 juillet. La présence des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement sera nécessaire parce que des décisions importantes pourraient être prises.» Le sommet décidera également de la nécessité de pourvoir de l’aide humanitaire à la Grèce. Une telle initiative sera financée par le budget européen; dès lors, elle nécessite aussi l’accord des Vingt-Huit.

Avant de présenter les réformes détaillées d’ici à jeudi, la Grèce devra soumettre ce mercredi une demande de financement au Mécanisme européen de stabilité (MES). Cette demande sera passée en revue par l’Eurogroupe lors d’une conférence téléphonique ce matin. Celui-ci pourrait alors, s’il est satisfait, donner mandat à la Commission de préparer un état des lieux de l’économie grecque en marge du Sommet européen. Athènes reprendrait l’essentiel de sa requête faite le 24 juin au MES.

«La question d’une restructuration de la dette grecque ne se pose pas à ce stade», a confirmé Jean-Claude Juncker. Le président de la Commission a déclaré qu’elle serait posée cet automne. Visiblement encore très remonté contre les autorités grecques qui ont traité les créanciers européens de «terroristes», il a déclaré avec force qu’il n’excluait plus aucun scénario après dimanche prochain. «Nous sommes prêts pour un «Grexit», a-t-il dit, tout en ajoutant qu’il est opposé à un tel scénario.

En réalité, le sommet de la zone euro s’est déroulé sous haute tension mardi soir à Bruxelles. Convoquée deux jours après le référendum où les Grecs ont refusé les réformes proposées par les créanciers, la réunion s’est déroulée sous haute tension. «Les chefs d’Etat et de gouvernement n’ont pas élevé la voix, mais ont clairement montré qu’ils étaient au bout de leur patience, a raconté un diplomate proche des négociations. Ils ont montré leur sens des responsabilités face à la situation délicate que traverse la zone euro.» Le diplomate donne une autre image: «On voit que le couple est voué à l’échec, mais il fait tout de même une dernière tentative pour sauver le mariage.» Selon lui, il y avait clairement deux camps, dont le premier largement majoritaire, n’a pas caché son irritation vis-à-vis du premier ministre grec Alexis Tsipras. Ce dernier n’a pas proposé, comme il l’avait entendu la veille avec Angela Merkel, de programme de réformes pouvant remettre l’économie grecque sur les rails.

«La Grèce a besoin d’un programme d’aide sur plusieurs années pour éviter une sortie de la zone euro», a affirmé pour sa part la chancelière allemande à l’issue du sommet

«Nous avons besoin d’un programme sur plusieurs années, qui aille bien au-delà de ce que nous discutions il y a encore dix jours», a affirmé Angela Merkel, qui attend des propositions de réformes très détaillées des autorités grecques d’ici à jeudi.