La terre au secours du ciel: selon l'institut McKinsey, le stockage souterrain du carbone est l'un des moyens les plus efficaces pour diminuer les émissions européennes de gaz à effet de serre. Une affirmation importante à la veille du vote attendu aujourd'hui à la Commission environnement du Parlement européen sur la réforme du système existant de quotas d'émissions.

Expérimenté depuis une dizaine d'années en Norvège ou au Canada - un projet a démarré en 2008 à Ketzin, en Allemagne - l'enfouissement du CO2 («Carbon capture and storage» ou CCS) bute sur de sérieuses incertitudes et sur son coût élevé. Une fois comprimé, le gaz doit être transporté vers des formations géologiques adéquates. Les lieux les mieux indiqués sont les ex-gisements d'hydrocarbures, ou les anciennes mines de sel. De préférence «offshore».

Mais cela coûte cher (de 60 à 90 euros par tonne de CO2 au début. Entre 35 et 50 euros/t à plus grande échelle) et présente des risques. Les tests géologiques en cours, dans le cadre de l'opération européenne «Geocapacity», sont loin d'être suffisants. Et aucune reconnaissance sérieuse des sous-sols n'a été effectuée en Europe de l'Est où le taux de pollution atmosphérique des centrales électriques est le plus élevé.

Une technique d'avenir

Le rapport McKinsey affirme toutefois que le CCS est une technologie d'avenir dont le coût est contrebalancé par le potentiel commercial. «Aujourd'hui, le stockage du carbone est le seul capable de capturer les émissions polluantes des centrales électriques classiques (pétrole, charbon) qui représentent 50% des émissions de l'UE, juge le document. Mieux: il répond au défi des industries les plus polluantes comme la sidérurgie, les cimenteries ou les raffineries.»

Le cas de l'Allemagne, où une douzaine de centrales au charbon d'ancienne génération posent problème, est jugé exemplaire par les partisans du CCS. Mais c'est surtout en Chine et en Inde que le potentiel est énorme: «On prévoit +80% pour l'usage du charbon en Chine d'ici à 2050, explique l'eurodéputé anglais Chris Davies, rapporteur de la proposition sur le stockage du carbone. Le potentiel est énorme.»

L'eurodéputé soumettra demain au vote de ses pairs la création d'une enveloppe de 10 milliards d'euros afin de soutenir l'installation, avant 2015, de 12projets pilotes de démonstration commerciale promis par des chefs d'Etat et de gouvernement en mars 2007. Une somme que les experts proposent de financer de deux façons: par la future mise aux enchères des quotas d'émissions (ETS) et par une implication forte de la Banque européenne d'investissement.