Cela a commencé par la (re-)découverte de l’économie dite «stop and go». Cette drôle de phase, provoquée par la pandémie, les confinements, les fermetures, les réouvertures puis les refermetures, qui a fait valser comme jamais l’activité économique d’une année sur l’autre, d’un trimestre sur l’autre, parfois même d'un mois sur l'autre.

Il y a aussi eu le recours, massif, à la réduction de l'horaire de travail (RHT), qui a permis aux employés potentiellement menacés de conserver leur emploi. Et au chômage de ne pas s'envoler. Du moins pour l'instant. Mais qu'en sera-t-il lorsque le régime facilité d'utilisation du chômage partiel arrivera à terme?

A voir: Notre tableau de bord de l'économie suisse

Au cours de ces deux dernières années, la fréquentation touristique a aussi connu des hauts et des très bas, ainsi qu’un rééquilibrage des forces, entre visiteurs indigènes et étrangers, entre touristes européens et intercontinentaux. Hôtels et restaurants sont passés par tous les états d'âme, la plupart ayant tout de même pu compter sur un rattrapage en 2021 qui, sans doute, devrait se poursuivre cette année, avec la levée quasi complète des restrictions.

Ce rattrapage post-covid, justement, est venu se greffer depuis l'an dernier aux problèmes de rupture des chaînes d'approvisionnement mondiales provoquée par la pandémie. De quoi générer des pénuries tout à fait inhabituelles dans notre monde globalisé et interconnecté.

Une demande qui se reprend brusquement et, en face, une offre qui n'arrive pas à suivre? C'est un scénario idéal pour provoquer une remontée de l’inflation qui n’avait pas été observée depuis plusieurs décennies.

Petite mais habile

Ce vendredi, d’ailleurs, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a fait savoir que l’indice des prix à la consommation (IPC) avait atteint un rythme annuel de 2,4% en mars. En cause, bien sûr, l'envolée des prix de l'énergie, qui s'est encore accélérée depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

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Afin de mieux saisir les effets de ces enjeux multiples et complexes, de constater comment la petite, mais habile, économie suisse résiste, ou pas, à ces enchaînements d'événements inédits, Le Temps a travaillé pendant plusieurs semaines à l'élaboration d'un tableau de bord de l’économie suisse.

Il s'agit d'un concentré, en libre accès sur notre site internet, de statistiques historiques et actuelles. Les taux d’inflation donc, mais aussi l’évolution du PIB, du commerce extérieur, du chômage et des nuitées hôtelières, sont et seront constamment mis à jour, au fil des publications des organes compétents. Cinq indicateurs, parfois comparés avec ceux des autres pays, qui permettent de connaître en permanence l'état de santé général de notre économie.