Pour le moment du moins, les expériences de partage du travail menées à l'Etat de Genève marquent un temps d'arrêt. Une pause que l'Observatoire universitaire de l'emploi doit mettre à profit pour évaluer les quatre essais effectués et «pouvoir ainsi poser les conditions de base de la réussite d'un projet de partage du travail» extensible à toute l'administration cantonale, explique la conseillère d'Etat Micheline Calmy-Rey, patronne des Finances genevoises.

Dans l'administration, les collaborateurs de quatre services (l'Economat cantonal, le Centre des soins continus, le Service des naturalisations et l'Office cantonal de l'énergie) ont diminué leur temps de travail de 10%, passant ainsi à 36 heures.

L'expérience tablait sur des gains de productivité: les services ne pouvaient donc pas systématiquement remplacer le personnel manquant par des chômeurs, seule la moitié des heures gagnées pouvaient être compensées par l'engagement de nouveaux collaborateurs. Et au bilan, les résultats sont mitigés.

En fait, dans la plupart des cas, et lorsque les processus de travail n'ont pas été profondément modifiés, «les heures supplémentaires ont explosé», explique la conseillère d'Etat socialiste. En particulier, l'expérience a été négative au

Cesco, qui fonctionne avec un horaire continu et où les heures d'absence d'un physiothérapeute ou d'une infirmière, par exemple, ne passent pas inaperçues.

Pas un arrêt de mort

Par ailleurs, l'une des conditions de base de l'expérience – engager des chômeurs pour remplacer en partie le personnel en congé – a posé des problèmes pour les professions spécialisées ou les soignants. «Tout simplement parce que les gens ne sont pas interchangeables», souligne Micheline Calmy-Rey.

Mais la socialiste n'a évidemment pas signé l'arrêt de mort du partage du travail dans l'administration. Elle veut donner à l'Observatoire de l'emploi le temps de la réflexion pour concocter un modèle applicable dans la pratique.