Qui est donc l'entrepreneur tessinois Silvio Tarchini, qui affirmait dimanche entretenir, au nom d'un groupe d'investisseurs suisses, des «contacts intensifs» avec Fiat pour «participer à sa gestion»? Ce promoteur âgé de 59 ans est surtout connu pour les trois centres Foxtown qu'il a créés et gère à Mendrisio, à Villeneuve et à Zurich. Des dizaines de marques prestigieuses y pratiquent la vente directe à prix cassés. Le centre de Mendrisio compte à lui seul 130 boutiques et emploie plus de 700 personnes.

Silvio Tarchini contrôle aussi plusieurs technopôles et centres logistiques totalisant la surface de 200 000 mètres carrés. Avant de se lancer dans l'immobilier, il a travaillé dans plusieurs pays européens et en Argentine. Il a fondé à 23 ans la société Plastar SA, spécialisée dans les matières plastiques, et l'a revendue en 1975 quand elle est devenue leader du secteur. La famille Tarchini, connue au Tessin, est très proche du Parti démocrate-chrétien.

Malgré ce pedigree, on voit mal ce qu'un entrepreneur tessinois ferait avec les gigantesques problèmes financiers de Fiat. Au siège du groupe à Turin, on dit ne rien savoir, «même dans les corridors», à propos de négociations avec des investisseurs suisses. La société Tarchini – qui ne communique pas ses résultats financiers – n'a rien ajouté à son communiqué hier. Selon certains observateurs, il se pourrait que Silvio Tarchini agisse comme poisson-pilote de l'ex-conseiller fédéral Flavio Cotti, membre du conseil d'administration de Fiat. Ce dernier ne s'est jamais exprimé sur les difficultés du groupe italien.