Dans le contexte de la nouvelle législation sur la surveillance des assurances, le «test suisse de solvabilité» («Swiss Solvency Test») revêt une importance capitale selon Bruno Pfister, président du Comité Economie et Finance de l'ASA et responsable des finances de Swiss Life. Cette dernière a participé l'an dernier – à titre pilote avec d'autres assureurs – à la mise au point des premiers éléments de ce test sous les auspices de l'OFAP (Office fédéral des assurances privées). Car les ratios usuels (Solvabilité I) qui mesurent le niveau de fonds propres requis (4% des réserves mathématiques) pour évaluer la solvabilité d'une compagnie d'assurances ne prennent pas en compte les risques encourus. Par exemple le risque d'une chute des actions en portefeuille (risque de marché).

A l'avenir, les compagnies d'assurances devront donc établir deux types de calcul de capital pour la solvabilité statutaire ou minimale (Solvabilité I) et pour la solvabilité basée sur la mesure des risques (Solvabilité II). «Si la compagnie ne répond pas au deuxième critère, elle ne sera pas déclarée insolvable pour autant mais devra prendre des mesures de correction, par exemple réduire la part des actions en portefeuille», explique Bruno Pfister. Selon lui cette méthodologie, qui doit encore être affinée, risque toutefois d'être entravée en Suisse par les conditions actuelles prévalant dans la prévoyance professionnelle (LPP), notamment par son taux minimum, défini politiquement, donc imprévisible.