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Les banques privées vont mieux. Mais certaines sont encore à la peine.
© Keystone / GAETAN BALLY

Place financière

Un tiers des banques privées souffrent encore

Les établissements de gestion ont profité de marchés boursiers favorables. Pourtant, selon une étude de KPMG, le secteur reste extrêmement divisé. Si une majorité de banques prospèrent à nouveau, un tiers d’entre elles sont encore à la peine

C’est une image divisée que montre le secteur financier. D’un côté, elle s’améliore, indéniablement. Les bénéfices nets des banques privées ont pratiquement doublé en deux ans, atteignant 2,8 milliards de francs en 2017, selon une étude de KPMG Suisse et de l’Université de Saint-Gall présentée jeudi à Zurich.

Cette enquête montre également que les deux tiers des banques basées en Suisse ont pu augmenter le rendement de leurs capitaux propres en 2017. De quoi affirmer, selon le cabinet de consultants, que les années difficiles de l’après-crise marquées par les amendes et les sorties de fonds sont terminées et que la tendance s’est enfin inversée.

Les clients investissent

L’an dernier, le coup de pouce est venu d’un environnement financier qualifié de «super» par Philipp Rickert, responsable services financiers et membre de la direction générale de KPMG, alors qu’il dévoilait le rapport à la presse. Les clients se sont montrés plus prompts à investir, les revenus de commissions ont pu augmenter, de même que les masses sous gestion. Les banques suisses ont vu les fonds qui leur sont confiés grimper de 200 milliards supplémentaires, portant le total à 2616 milliards.

Lire aussi: Les marges bénéficiaires se maintiennent dans la gestion de fortune genevoise

Oui, mais. Car il y a plusieurs «mais» qui ressortent de cette étude, prévient Christian Hintermann, responsable de la transformation des services financiers chez KPMG. De l’autre côté, l’image du secteur est moins réjouissante. Il s’imaginait voir des afflux nets de fonds plus élevés, par exemple. Près d’une banque sur deux n’en a pas vu la couleur en 2017.

Pire, elles ont même enregistré des retraits nets. Et même si certaines ont engrangé de nouveaux fonds, cela ne représente qu’un «décevant» 0,9% des avoirs gérés. Le risque que la Suisse perde du terrain face aux autres places financières perdure donc et «la moitié des banques privées suisses ont encore un long chemin à parcourir», selon les consultants.

En outre, si deux tiers des établissements ont pu améliorer leurs performances, un tiers d’entre eux n’y sont pas parvenus. Sur l’échantillon de 90 banques, 13 ont même encore engrangé des pertes nettes, ce qui est apparu d’autant plus étrange aux experts que l’environnement des marchés était favorable.

Pas assez d’efforts

Autre sujet d’insatisfaction, les coûts restent trop élevés, estiment les consultants. Les bénéfices ont pu augmenter, mais les responsables n’ont pas fait suffisamment d’efforts pour maîtriser les dépenses, d’après Christian Hintermann. Il aurait fallu profiter de l’embellie pour améliorer le ratio charges/revenus, qu’il juge encore trop faible, parlant même de «négligence», d’opportunités «manquées d’améliorer les rendements des actionnaires», pouvant poser problème si les marchés replongent.

La pression ne s’est en outre pas encore relâchée pour les petites banques. Certes, celles qui ont déployé une activité de niche s’en sortent bien. Mais elles l’avaient trouvée en général avant la crise. Pour les autres, l’hécatombe pourrait se poursuivre, selon KPMG, qui voit un nombre «significatif» de banques candidates à la disparition.

En dix ans, le nombre d’instituts gérant 5 milliards ou moins est passé de 105 à 58, en raison de ventes ou de faillites. C’est d’ailleurs là que se situe l’essentiel de la transformation de la place financière. Les grandes banques privées (au moins 25 milliards sous gestion) n’ont perdu qu’un membre et sont désormais 20, tandis que les établissements de moyenne taille sont passés de 37 à 29. Le message est clair: «Pour une banque qui éprouverait encore des difficultés à atteindre la rentabilité, c’est le moment de songer à vendre», assure Christian Hintermann.

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