«L’investisseur devrait privilégier les fonds actifs à bas coût», déclare Julien Roueche, spécialiste des fonds auprès de l’agence Morningstar. La qualité n’est donc pas associée à un coût supérieur. Elle se définit plutôt par un rendement plus élevé après les frais.

Telle est l’une des conclusions de l’expert après sa présentation, mercredi à Genève, d’une comparaison du rendement entre d’une part des fonds actifs et, d’autre part, des ETF et fonds passifs. Les fonds actifs se donnent la possibilité de s’éloigner de la composition d’un indice alors que les ETF et fonds passifs promettent de refléter le rendement de l’indice.

L’étude a comparé 11 000 fonds de placement de droit européen appartenant à 15 catégories (dix en actions et cinq en obligations). Cet échantillon représente près de la moitié des fonds en actions et en obligations européens. En réalité, un fonds passif s’éloigne parfois de l’indice, selon Morningstar. Julien Roueche observe par exemple qu’en 2007, l’ETF Ishares MSCI Emerging Markets a sous-performé l’indice de 4,86%, et en 2009 de 7,72%. Les fonds passifs sont également, dans certains cas, plus coûteux qu’on ne le pense. Le taux de frais (TER) peut osciller entre 0,01% et plus de 1,8%.

Le point de vue de l’investisseur

Morningstar présente la première analyse qui adopte le point de vue de l’investisseur et non pas celui du gérant de fonds. Concrètement, elle analyse le taux de réussite des fonds actifs qu’il définit comme le pourcentage de fonds actifs capable d’offrir un rendement supérieur aux ETF et fonds passifs, après avoir pris en compte les frais.

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L’étude porte sur la période de juin 2002 à juin 2017 en Europe. Dans certaines catégories, la part des fonds passifs représente à peine 7% du total (obligations monde), mais elle peut aller jusqu’à 55% (grandes capitalisations américaines mixtes). L’étude porte entre autres sur les fonds en actions suisses, une catégorie comprenant 35 fonds passifs (52% du total).

Plus la période d’observation est longue et plus faible est le pourcentage de fonds actifs qui surperforment les ETF. Sur dix ans, le taux de succès des fonds actifs n’est que de 7% pour les grandes valeurs internationales mixtes et les grandes capitalisations américaines. Le taux le plus élevé concerne les actions britanniques (37%). Pour l’ensemble des fonds en actions, le taux de réussite est de 38% après trois ans, 33% après cinq ans, 20% après dix ans et 21% après quinze ans.

La sous-performance des fonds actifs augmente avec le temps

La meilleure performance des fonds actifs se situe sur les trois dernières années. Le taux de succès des fonds en actions s’élève alors en moyenne à 38%, celui des fonds obligataires à 34%. Certaines catégories dépassent même les 50% de succès, comme les fonds actifs en actions suisses (toutes capitalisations). La raison de cette bonne performance tient principalement à la surpondération des petites et moyennes compagnies chez les gérants actifs par rapport aux produits passifs. Ces derniers, comme l’indice, sont plutôt concentrés en poids lourds qui étaient à la traîne récemment.

L’étude souligne aussi que les fonds actifs aux coûts les plus bas présentent une performance meilleure à ceux qui demandent des frais plus élevés. Sur dix ans, les fonds en actions à bas coût ont un taux de réussite de 33%, ceux à coût élevé de 9%. Sur les actions suisses, le taux de réussite des fonds les plus chers est de 0%.