Les crédits relais partent comme des petits pains. Ou comme du papier-toilette. Depuis jeudi, un tiers des 20 milliards de francs prévus par la Confédération a déjà été alloué. Dimanche soir, quelque 6,6 milliards de francs de prêts relais avaient été acceptés.

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Le montant moyen de ces crédits garantis par l'Etat est de 207 000 francs. Au total, 31 853 conventions ont été requises auprès de 115 banques, a indiqué lundi en conférence de presse Eric Jakob, chef de la Direction de la promotion économique du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

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Il n'y a en revanche pas encore eu de demandes effectives de prêts plus importants que 500 000 francs, à savoir la deuxième catégorie de crédits relais (jusqu'à 20 millions), cautionnés, eux, à 85% et avec un intérêt de 0,5%. Des requêtes ont certes été adressées à certaines banques, mais elles étaient incomplètes, a souligné Eric Jakob.

La Confédération prévoit 20 milliards de francs pour que les PME, qui rencontrent des problèmes de liquidités en raison des paralysies, obtiennent des crédits bancaires. Il est possible que ce montant soit augmenté plus vite que prévu. Le conseiller fédéral chargé des Finances, Ueli Maurer, n'a en tout cas pas exclu une telle possibilité. Le dossier est aux mains de son département.

Le site internet de la Confédération dédié à cette aide d'urgence aux entreprises est en tout cas pris d'assaut. Il compte plus de 300 000 visites et plus de 130 000 formulaires ont déjà été téléchargés.

Un actif sur six au chômage partiel

Par ailleurs, on a également appris lundi que le recours au chômage partiel – auquel l'accès a été facilité et accéléré – augmente massivement. Actuellement, 15,6% de la population active est concernée en Suisse, a relevé le responsable du Seco. Le Tessin, canton le plus touché par la pandémie et qui a obtenu la semaine dernière l'autorisation de fermer partiellement ses industries, a déposé le plus grand nombre de demandes. Près de 40% des employés y sont actuellement en chômage partiel.

Eric Jakob s'est en revanche montré beaucoup moins précis en ce qui concerne les personnes qui échappent aux mailles du filet de secours. Aucune solution n'a encore été trouvée pour ceux dont le statut – indépendants sans société, travailleurs irréguliers, etc. – ne permet de toucher ni le chômage partiel, ni l'allocation perte de gain. En attendant que le Seco corrige cette anomalie, ils n'ont que leurs yeux pour pleurer. Et des mouchoirs.