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Un trading sans frais, le pari d'une société anglaise

La fintech britannique Revolut, valorisée à 1,7 milliard de dollars, a dépassé la barre des 2 millions de clients, dont 40 000 en Suisse. Elle veut développer ses services et s’attaquer au marché américain

Revolut n’a jamais caché son ambition de secouer le secteur financier. La fintech britannique, qui vient de dépasser la barre des 2 millions de clients, veut désormais s’attaquer au trading. Et pas n’importe comment: en offrant une plateforme d’échanges «sans commission». Cette dernière devrait permettre d’acheter et de vendre des actions d’entreprises cotées à Londres ou à Wall Street, des ETF et des options.

Le groupe, dont la valorisation a été estimée à 1,7 milliard de dollars (autant en francs) lors de sa dernière levée de fonds en avril, veut ainsi «démocratiser» l’investissement. «Les courtiers facturent entre 2,50 et 5 euros par transaction de petite taille, avec des interfaces poussives, lentes et déroutantes pour les consommateurs. Les points de friction sont clairs pour nous, et il y a énormément de marge de manœuvre pour améliorer les services», juge Benjamin Belais, directeur général pour la Suisse et la France de Revolut.

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Comptes premium

Cette «néobanque» ou «banque 3.0», selon sa propre appellation, fonctionne via une application sur smartphone et s’est lancée en juillet 2015. Elle n’impose pas de commission, qu’il s’agisse de cartes de crédit, de gestion de compte ou de transferts de fonds. Les utilisateurs peuvent avoir plusieurs comptes, en plusieurs monnaies, où ils peuvent transférer des fonds là aussi sans frais de change. Revolut s’est également développée en proposant de faire du trading de cryptomonnaies. La date de lancement du service de courtage n’est pas encore fixée. Elle devrait être disponible d’ici à «quelques mois».

Comment la fintech prévoit-elle de gagner de l’argent sans commission? «Nous donnons la priorité aux comptes premium, explique Benjamin Belais. Ces derniers paient un abonnement de 7 euros par mois et obtiennent des services supplémentaires, comme une assurance voyage, la possibilité de faire des transferts de fonds plus importants, entre autres.» Ainsi, lorsque Revolut avait lancé son service d’échange de cryptomonnaies, les clients premium y avaient eu accès avant les autres. Le responsable dit également miser sur «l’effet de levier d’emprunt» et profiter des «volumes de fonds qui seront stockés». Car la société pense obtenir le statut bancaire pour l’Union européenne «d’ici aux prochaines semaines», selon le responsable. Enfin, le groupe travaille à une «infrastructure très efficace, pour que l’on puisse vivre de peu», ajoute Benjamin Belais.

Perte prévue en 2018

La fintech prévoit d’enregistrer une perte en 2018. «La rentabilité n’est pas notre objectif à court terme, car nous sommes dans une phase d’expansion très agressive. Mais le fait que nous ayons été dans les chiffres noirs l’an dernier montre que notre modèle est viable.»

Ces douze derniers mois, l’entreprise dit avoir vu le nombre d’utilisateurs bondir de 300%. Ils sont 40 000 en Suisse. Les volumes augmentent également, puisque les transactions par mois atteignent 2 milliards de dollars. Présente en Europe, Revolut veut déposer une demande de licence aux Etats-Unis, notamment. Elle compte 400 employés et prévoit de doubler ce chiffre d’ici à la fin de l’année, selon des propos de son directeur général Nikolay Storonsky à Reuters cette semaine. Revolut, qui enregistre chaque jour 6000 à 8000 nouveaux clients, s’est fixé l’objectif d’atteindre 100 millions d’utilisateurs d’ici à cinq ans. La société Index Ventures, fondée à Genève, fait partie de ses investisseurs.

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