Bourses

Un tweet provoque un krach éclair à Wall Street

«Deux explosions à la Maison-Blanche, Obama blessé.» Ce simple message, publié mardi sur le compte Twitter d’AP, a créé un vent de panique sur la bourse de New York. Le compte avait été piraté

«Deux explosions à la Maison-Blanche, Obama blessé»: un vent de panique a soufflé quelques minutes, en particulier à Wall Street, lorsque ce tweet a été publié mardi sur le compte officiel d’Associated Press avant que l’agence américaine ne confirme avoir été victime de hackers.

Envoyé peu après 13h (17h GMT) via le compte principal de la grande agence de presse américaine (@AP), ce message a provoqué l’incrédulité dans les quartiers de la presse au sein de la Maison-Blanche, situés à quelques dizaines de mètres du Bureau ovale où travaille le président Barack Obama.

Aucune explosion n’avait en effet été entendue depuis l’intérieur de la résidence exécutive, et le caractère fictif de ce tweet paraissait évident. Mais à Wall Street, le message, «retweeté» des centaines de fois en l’espace de quelques secondes, a fait brutalement plonger le cours des bourses. Entre 13h08 et 13h10, le Dow Jones a perdu 145 points, soit l’équivalent de 136 milliards de dollars. Le S&P 500 perdait quant à lui 0,9% (130 milliards).

Le démenti quelques minutes plus tard a fait remonter l’indice à son niveau précédent. La cheffe du bureau d’AP à la Maison-Blanche, Julie Pace, est en effet intervenue dès le début du point presse du porte-parole du président Obama, Jay Carney, à 13h15. «Tout ce qui a été envoyé sur quelque incident que ce soit est faux», a-t-elle expliqué, tandis que son employeur indiquait dans un communiqué que «le compte Twitter de @AP a été piraté. Le tweet sur un attentat à la Maison-Blanche est faux». Ce compte possède plus de 1,9 million d’abonnés. Il est toujours suspendu mercredi matin.

Revendication syrienne

De son côté, M. Carney a fini de calmer les esprits: «Le président va bien. J’étais avec lui à l’instant.» M. Obama est d’ailleurs apparu en public quelques minutes plus tard, dans la roseraie de la Maison-Blanche, où il honorait les enseignants de l’année. Il n’a fait aucune allusion à cet incident dans ses déclarations.

AP a ensuite indiqué que cette attaque avait eu lieu après des tentatives de «phishing» sur son réseau informatique. L’agence a précisé par la voix de son porte-parole, Paul Colford, qu’elle «travaill (ait) avec Twitter pour enquêter sur cette affaire».

De même source, @AP et les autres comptes de l’agence sur le populaire site internet ont été suspendus, mais le fil de l’agence tel que le reçoivent ses clients n’a pas été affecté.

Le piratage a été revendiqué sur Twitter par la Syrian Electronic Army («Armée électronique syrienne», SEA), qui a déjà piraté plusieurs comptes de médias internationaux, dont un de l’Agence France-Presse en février dernier.

Wall Street a clôturé la journée en hausse malgré tout. Le Dow Jones a gagné 1,05% et le S&P 500 1,04%.

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