Trente millions de bénéfice net, soit 25,2% de hausse par rapport à l'année précédente. Selon le directeur de la Banque Cantonale du Valais (BCVs), Jean-Daniel Papilloud, «les années se suivent et se ressemblent», le tout «dans un environnement en demi-teinte». Le vice-président du conseil d'administration, Albert Bass, a en effet expliqué que le Valais n'avait pas vraiment bénéficié de l'embellie constatée ailleurs en Suisse en 2004: 1,1% de croissance du PIB valaisan contre 1,8% pour la moyenne nationale.

Au rayon de la demi-teinte il faut ajouter, toujours selon Jean-Daniel Papilloud, «un environnement fortement concurrentiel: tous les secteurs d'activité – marché hypothécaire, gestion de fortune, secteur commercial – connaissent une forte animation, où les parts se disputent âprement entre les nombreux acteurs du marché bancaire valaisan».

En gros, la BCVs avait tout pour mal faire. Dans ce contexte, les bons chiffres 2004 n'auraient qu'une explication: «Le positionnement original de la banque, l'universalité en termes de prestations et de savoir-faire et la proximité s'agissant de la relation avec la clientèle.» Si, sur la proximité, la BCVs a pour principal concurrent les officines Raiffeisen, sur le savoir-faire elle doit affronter une implantation régulière d'établissements privés.

Désengagement étatique

Le dernier en date à avoir débarqué avec armes, coffres et bagages dans le Vieux-Pays est la banque zurichoise Hottinger. Pas de quoi effrayer les banquiers valaisans: «S'ils viennent ici, c'est pour tenter de récupérer des clients installés dans des stations comme Verbier ou Montana et qui répugnent désormais à se déplacer à Genève ou à Zurich, puisque justement nous offrons sur place les mêmes services.»

Notons enfin que si la BCVs reste largement en mains de l'Etat valaisan, à hauteur de 73%, un désengagement étatique est à l'ordre du jour. Jean-Daniel Papilloud explique ainsi que «le canton voudrait descendre jusqu'à 51% mais n'a pas trouvé jusqu'ici d'acquéreur». Selon le président du conseil d'administration Maurice de Preux, il n'y aurait d'ailleurs pas urgence en la matière: «Nous avons des fonds propres en suffisance pour nous donner le temps de la réflexion.»