Commentaire Un vent d’optimisme, mais…

Dans la zone euro, la récession est derrière. Ouf! Mais il n’y a pas de quoi sabrer le champagne. Une croissance de 0,9% en 2014 est largement insuffisante pour contrer les risques de la déflation, pour rembourser la dette ou pour créer des emplois. Un taux de chômage de 10% n’est pas tolérable. Encore moins dans certains pays comme l’Espagne, et la Grèce, où il avoisine les 25%.

Au dernier trimestre, la croissance n’a été que de 0,2%. Marginale. La Banque centrale européenne (BCE) a sans doute anticipé cette pâle performance. Elle est passée de la parole aux actes en annonçant le rachat d’obligations d’Etats à hauteur de 50 milliards d’euros par mois, de mars 2015 à septembre 2016. Et au-delà si nécessaire. C’est une importante masse de liquidités qui sera injectée dans l’économie de la zone euro. Avec la baisse des prix pétroliers, les taux d’intérêt bas et surtout le plan d’investissement de 300 milliards d’euros de Jean-Claude Juncker, nous sommes bien partis pour une bonne année 2015. Les réformes structurelles commencent aussi à porter leurs fruits. Les prévisions de croissance pour la zone euro le confirment: 1,3% cette année et 1,9% en 2016.

Réunis à Bruxelles jeudi, les dirigeants européens ont pris note de ce vent d’optimisme. Mais ils se sont gardés de tout triomphalisme. Avec raison. Car les risques de dérapages sont là. La crise Russie-Ukraine, bien sûr. Mais aussi, les risques d’explosion sociale, liée à l’austérité qui oblige des millions de personnes à se serrer toujours un peu plus la ceinture, n’ont pas disparu .